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 Le bras long de la justice

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Cauraus Sirdän
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MessageSujet: Le bras long de la justice   Dim 10 Aoû - 16:39

A travers la douceur d'un soir d'été, la vie du quartier des commerçants de Caelystis entrait dans sa seconde phase. Un lieu, où le matin vous trouverez mille fantaisies laissant place le soir à la détente ou à différentes affaires plus ou moins sérieuses. Tandis que certains préfèrent faire de romantique balades à leur douce, d'autres se rendent à l'auberge pour profiter de l'ambiance vivante et des différentes boissons accompagnées de plat du jour finement préparés. Exceptionnellement un feu réchauffait la salle faite de pierre et de bois. Un léger parfum de cuisine circulait à travers la salle décorée de diverses tapisserie. Parfum discret mais ternie par une odeur humaine peu agréable. En même temps, la salle était composée de toute sortes de travailleurs fatigués par une chaude et longue journée.

Dans l'auberge Cauraus profite du fait qu'il soit solitaire pour passer des soirées avec une ambiance tantôt alcoolisé et joyeuse, tantôt sobre mais calme. Il contemple les clients afin de mieux cerner la mentalité de la cité. Mais ce soir là, Cauraus n'observe pas les habitudes des citadins. Il est particulièrement nerveux et absent. Ne croyez pas que c'est du à un surplus de boisson, il est habitué aux soirées avec un éventuel employeur où les bouteilles défilaient. Il reste songeur. Ce genre de réflexion lui est commune lorsqu'il arrive dans un lieu nouveau ou lorsqu'il est sur le point d'avoir un contrat. En vérité, il n'avait rien de prévue. Personne n'est encore venu lui proposer du travail. Sans doute du à son manque de contact. A vrai dire Cauraus considère une bonne partie des possibles contacts comme imbuvables. La cité est magnifique mais les personnes qui partagent le même centre d'intérêt que lui ne s’intéressent qu'à l'argent et non au service lui même. Il est curieux de voir le dirigeant de la cité, qui est accessoirement aussi celui de sa race. Les rumeurs affirment qu'il est efficace mais particulièrement froid...et que c'est une femme.

   «Une dirigeante...efficace mais froide. Si ces rumeurs sont vrais alors je suis curieux de savoir pourquoi. En tous cas j'espère ne jamais à avoir à faire avec elle.» murmurait-il.

Il se demandait si il pouvait faire quelque chose pour la dirigeante mais il n'avait pas la moindre envie. Il se souciait plus de ses problèmes financiers. Il a besoin d'argent et d'un emploi stable. En effet, Cauraus vit encore à l'auberge et n'a pas de véritable loyer. Rien ne l'empêche de dormir dehors sauf sa dignité. Il y autre chose qui l’inquiète encore plus. Son dernier véritable combat était la tuerie dans l'arène, où prit de rage, tua tous ses gardiens, organisateurs et sans doute compagnons d'arme, eux aussi prisonnier et innocent. Ce ne fut pas sans conséquence, les blessures faites durant cette sanglante évasion se sont infectées. Et sans argent il ne peut pas se soigner et il y a de forte chance que cela s'aggrave.

Par ailleurs les rumeurs sur l'existence de cette arène et de son carnage sont remontées jusqu'à la cité. Les autorités ont pris les choses au sérieux et ont déjà commencées les recherches. Si elles y parviennent, elles remonteront sûrement jusqu'à Cauraus. Cette histoire a de forte change de finir en prison, où il mourra sans doute suite à ses blessures. Il craint que des soupçons soient déjà sur lui car l'information de sa récente arrivée est sans doute dans les oreilles des gardes ou des mauvaises langues. N'ayant aucun contact il ne peut se cacher et sera vulnérable, sans oublier que personne ne connaît vraiment son passé. Cependant Cauraus est conscient que son arrivée à Caelystis n'est en aucun cas une fuite...mais pas les enquêteurs.

Tous les mondes ignore les tourments de Cauraus, son armure cache ses blessures, son corps ne montre aucune faiblesse, seuls ses yeux, qu'il gardait fermés, montraient une certaine détresse. Dans sa tête c'est une véritable anarchique. Son Honneur, sa Vertu sont bafoués. Son cœur souffre de la solitude. La menace d'aller un prison pour meurtre et acte de barbarie. Ses blessures qui risquent de le tués par manque de soin le torture. L'absence d'argent le menaçant de perdre un toit et même sa vie. La peur de mourir sans avoir connu l'Amour. Tant de chose qu'il aurait voulu éviter. Sa patience, sa politesse commencent à l'abandonner, à son plus grand regret. Après tant de chose accomplie finir ainsi le désole.

La tête entre ses mains, il fit de grand effort pour ne pas craquer. Il ne voulait pas savoir si des gens l'observaient. Cependant il enleva ses mains et ouvrit les yeux car un nouveau client arriva. Ce dernier est vêtu de noir et porte une capuche, on ne peux pas deviner son visage. Impossible de dire si c'est un homme ou une femme, ni de déduire sa carrure. Peut être est-ce un homme d'affaire, un potentiel employeur. Mais il doit avoir ses raisons pour se cacher ainsi, mieux vaut être méfiant. Peut être est-ce un garde préparant l'embuscade. Hélas, Cauraus a bien peur de n'être plus capable de combattre ou de fuir.

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Dernière édition par Cauraus Sirdän le Mer 22 Avr - 15:51, édité 1 fois
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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Dim 24 Aoû - 20:20









♦️ Incognito ♦️




« Dites seulement que vous acceptez, quitte à lui offrir un joli sourire. Vous êtes tout de même capable de sourire, n’est-ce pas Madame Delvanté ? »

Ignore ses sarcasmes. Il se plait encore à te mettre plus bas que terre. Cet homme, si cruel, ignore le. Ignores le comme tu l’as ignoré elle.

Un riche Dracks vous propose de l’or, beaucoup d’or, en échange de la protection des Ariens, et ce dans le plus grand secret. Mais si cela se découvre, le peuple des écaillés vous  fera la guerre.  Car le riche dragon est recherché. Son crime, son pêché demeure inconnu au peuple ailé. Mais la montagne d’or qu’il promet, est-elle vraiment refusable ? Le marché qu’il propose est-il discutable ? Le peuple des cieux n’a pas de dettes, mais les récoltes de l’hiver dernier ont été si peu fructueuses. De l’argent pour l’état, pour les sénateurs aussi, pourrait être un si bon compromis.
Maintenant il faut le retrouver, la où personne ne pourrait venir les chercher. Et il faut qu’elle vienne en personne, sinon le marché ne tient plus. Ils auront perdu la trace de l’illustre inconnu. Accepter, ne pas refuser… Peut être sourire, mais le sénateur n’a pas menti. En est-elle vraiment capable, sous son masque gris ? Non, parler avec tact devrait suffire, accepter, pour mieux lui mentir. Lui dire qu’on le protégera, pour cacher une vérité plus sombre. Pour éviter de lui dire qu’après, nous nous chargerons-nous même de le livrer…

Le peuple des Dracks n’est pas le seul à être corrompu.
Se rencontrer discrètement, oui, mais dans quel lieu ? Dans la ville. Au dehors, on pourrait les espionner. Mais où se cacher là où les oreilles ne pourraient les épier ? Pourquoi pas une taverne ?
Ce soir là, l’ambassadrice à rendu sa couronne. Elle l’a troquée contre un capuchon cachant au-delà de son front. La cape noire lui descend jusqu’aux pieds. Le tissus est rêche, il ne faudrait pas que ses formes viennent à être dévoilées. Une femme, dans ce genre de lieu, pourrait se retrouver très vite convoitée. Elle la jeune Delvanté n’était pas sûre d’aimer cela. Son habituel maquillage n’est plus, seule sa peau blême demeure encore. Sa robe a été retirée, de simples vêtements de chasseur sont venus la remplacer.  Enfin, un bandeau enserre sa poitrine. Ainsi, si la cape venait à dévoiler son trésor, on n’y verrait le corps que d’un jeune homme revenant de la chasse.

D’un pas rapide, elle parcourt les rues. La nuit a recouvert de son voile ténébreux le sol dallé. Dans la profondeur nocturne, la cité blanche a revêtu un tout autre visage. A l’image de la grande ambassadrice devenant simple négociante, elle s’habille d’une ambiance plus ombrageuse, plus malsaine. Pourtant, elle n’en regorge pas moins d’activités, mais celles-ci sont tout autres qu’une vente innocente de parures.  L’Ariens ignore les courtisanes, les sans-abris loin d’être sobres. Elle avance et trouve enfin ce qu’elle cherche.  D’une main assurée, elle rabaisse un peu plus sa capuche noire dissimulant ses yeux. Elle entre dans l’établissement. Un mélange de sueur et d’alcool parvient alors à ses narines, mais ses dernières ne se plissent même pas de dégout. Ce genre d’odeur, Arianne en avait l’habitude. Les filatures passaient souvent par ce genre d’endroit. Et puis, l’odeur des cadavres pouvait être bien pire… Et cela, même les produits odorants dont l’aspergeaient ses suivantes n’arrivaient pas à en effacer le souvenir.

De toute évidence, le tavernier  va avoir une belle recette ce soir… Aucune table n’est libre. Même le comptoir où sont disposées les bouteilles lui est dissimulé par de nombreux dos musclés. Sans bruit, s’effaçant comme elle sait le faire, elle décide de s’assoir à une table où demeure un homme. Elle ne le détail pas, ne le regarde pas. Tout ce qui l’importe, c’est d’avoir un endroit assez grand pour que deux figures puissent y converser calmement. Le temps passe, l'animal ne revient toujours pas. Arianne reste pourtant calme et patiente. Elle finit par se rendre au bar pour commander une pinte. Après tout, rester ici sans prendre de consommation est le meilleur moyen d’éveiller les soupçons. Une main tenant la boisson, elle revient a sa chaise, tête basse. Seulement elle dépose un peu trop violemment le récipient. Le liquide s'échappe et vient éclabousser l'homme à sa droite, celui qu'elle ignorai il n'y a que quelques secondes encore. Par réflexe, elle se relève alors et laisse échapper de sa voix féminine un "désolé" un peu trop bruyant. Son regard croise celui de l'homme. La surprise semble se lire sur son visage.

Arianne est intelligente. Instantanément, elle comprend. Elle comprend qu'il a comprit. Ses traits se durcissent, ses sourcils se froncent, elle finit par se rapprocher de lui, son pied exerçant une pression sur celui de l'inconnu.

-Un mot sur le fait que je suis une femme et vous le regretterez...



Spoiler:
 




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Dernière édition par Arianne Delvanté le Dim 30 Nov - 22:06, édité 3 fois
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Cauraus Sirdän
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Mer 3 Sep - 18:51

Songeur. Il jette un rapide coup d’œil sur le jeune chasseur revenant avec un verre. L'Aerien ne prête pas une très grande attention. Mais il est réveillé soudainement par des éclaboussures de bière et par une voix trop féminine, même pour un jeune homme. Leurs regards se croisent. Un exprimant de l'étonnement, l'autre de la colère ou une menace. Le chasseur, qui s’avère être une chasseresse, l'avertie en faisant pression avec son pied :

- Un mot sur le fait que je suis une femme et vous le regretterez...

– Vous avez de la chance qu'à cette heure presque personne n'est sobre dans ce quartier. Cependant il n'est pas très galant de menacer sans raison apparente et pas très...bienséant de se vêtir ainsi quand on sait ce que vous êtes. Par ailleurs je ne vois aucun intérêt en vous dénonçant pour la bonne raison que je ne vous connaît pas et que c'est probablement le cas pour une grande partie de la cité. Dans ce cas je vous serais reconnaissant d'enlever votre pied avant que vous le brisiez sur le mien.

La provocation de Cauraus fut volontaire. En réalité il aimerait bien savoir son identité, pourquoi elle se cache ainsi. Est-ce par peur ou par précaution ? Dans le premier cas il s'agit peut être d'une victime, dans le second plutôt d'une affaire importante. L'Aerien se retourna pour voir si personne ne les épiaient et fit un haussement d'épaule avant de se rétracter sur lui-même. La douleur, oubliée pendant quelques minutes, se manifesta de nouveau. Il s'en voulait de s'être recroquevillé, cela témoignait de la faiblesse. Une faille, devant une personne dont il ignore ses intentions. Il pouvait être un témoin gênant, il serait totalement incapable de se défendre. D'un côté, ça lui était égal il savait que, sans soin, il ne verra l'automne. Mourir dans une embuscade était plus honorable que de mourir à cause de blessures issue d'un combat tous sauf glorieux. Une larme coula sur sa joue. Il n'y même plus la force de l'essuyée. Il leva les yeux vers sa mystérieuse compagne de table avant de boire un grand coup. La douleur redevenu supportable, Cauraus en profita pour parler.

– Pardonnez moi d'être indiscret mais...vous attendez quelqu'un ? Je vous vois assise à boire lentement votre verre et à rester silencieuse. A vrai dire je vais aller droit au but ; Pourquoi vous cachez vous ?

Cauraus savait pertinemment que jamais elle ne le dirait et que cette indiscrétion pourrait lui attirer de gros ennuis. Peut être faisait-il cela car il lui reste peu de temps. A la fin de sa question, il hâta de mettre sa main sur sa blessure en espérant atténuer la douleur, mais en vain. La souffrance alla jusqu'aux larmes, preuve que cette dernière est grande. La chasseresse a du remarquer que le guerrier n'était pas en forme. Qu'allait-elle faire ? Là est la question.

Spoiler:
 

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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Sam 6 Sep - 18:44









♦ Incognito ♦



Maintenant que l’identité est dévoilée, elle s’attarde malgré elle se le faciès de l’homme. Un visage androgyne demeure entre quelques mèches immaculées. Sa chevelure est aussi claire que celle d’Arianne est noire. Mais surtout, ces traits semblant doux habitent une expression qui ne devrait pas y être. Peu naturelle, elle se distingue par des sourcils un peu trop foncés, des yeux plissés. L’homme est dans une situation qui le contraint. Quelque chose lui est désagréable. Malgré ça, il lui adresse la parole.
La dernière remarque de l’homme ne l’atteint même pas. C’est si courant d’insulter une femme pour sa faiblesse. Et Arianne sait qu’elle n’est pas faible. Non, si quelqu’un est fort ici, c’est elle. Ce n’est pas de la vanité, ce n’est pas du narcissisme. Elle devine bien que certains hommes, dans ce lieu, ont une plus grande puissance qu’elle. Mais elle ne voit personne dont les failles soient aussi inexistantes que chez elle. Elle voit les failles, parce qu’elle voit beaucoup de choses. Elle-même en possède. Elle les connaît, mais peu sont dans ce cas.
Voila pourquoi tu es forte. Voila pourquoi les mots de cet homme ne t’atteignent pas.
L’homme jette un regard par-dessus son épaule. Où alors il craint d’être suivit, où alors il a deviné qu’Arianne attendait quelqu’un, ou le fuyait. Dans le second cas, il se pourrait que l’individu soit aussi lucide qu’elle, si cela était possible. Pourtant, elle ne pensait pas à cela en réagissant ainsi. Elle ne voulait pas fuir quelqu’un. Elle voulait éviter la discorde. N’importe quel homme, aussi ivre soit-il, allait forcément être intrigué si un type s’écriait « oh ! Mais vous êtes une femme ». Ne connaissant pas l’inconnu dont elle écrasait le pied, elle avait ainsi prévenu tout risque d’être repéré. Déjà parce qu’elle était une femme, mais surtout parce qu’elle était importante.

Mais visiblement, cet homme n’a pas reconnu son visage.

En se retournant ce dernier sursaute presque, avant de se pencher. Impartiale, la jeune fille n’hausse même pas un sourcil, bien que dans son esprit, les questions fusent à une vitesse folle.  Elle distingue à peine son front, dissimulé par de longues mèches brillantes. Malgré tout elle arrive à voir ce qui le tord. La tristesse ? Non… La souffrance. Physique ou morale, telle est la question, mais l’Aeriens opte pour une blessure.  Finalement,  il se redresse. Une larme a dévalé sa joue. Peut être morale finalement…
La dame reste silencieuse, jetant de brefs regards autour d’elle, sans pour autant se retourner. Tous ses sens sont aux aguets. En filature, se retourner à la recherche de quelqu’un est une erreur qui peu coûter cher. Tout assassin avisé le sait. L’homme boit un coup. Il semble se remettre.


- Pardonnez moi d'être indiscret mais...vous attendez quelqu'un ? Je vous vois assise à boire lentement votre verre et à rester silencieuse. A vrai dire je vais aller droit au but ; Pourquoi vous cachez vous ?

Son visage de trahit rien, mais elle est méfiante, en réalité. Cet homme est intelligent, pourtant il lui pose un interrogatoire sans se soucier des répercutions. Cette franchise en est-elle vraiment une, ou bien est-ce là toute la maladresse d’un espion inexpérimenté ? La jeune Aeriens est sceptique. Elle n’arrive pas à trouver la réponse. Désireuse de savoir, elle le pénètre de son regard, comme épluchant chaque parcelle de son être, cherchant un signe qui pourrait le trahir. Est-il digne de confiance ? Difficile à dire, Arianne n’a confiance en personne. Mais elle a beau chercher, elle ne trouve pas d’animosité dans un tel regard. Tout ce qu’elle voit, c’est de la curiosité… Et de la souffrance.

Que peut-elle répondre à ça ? Ce type est peut être un ennemi. Dans le doute, le mieux est de mentir. Après tout, elle sait tellement bien mentir. Elle a bien revendiqué qu’elle désirait le bonheur de tout un peuple dont elle n’avait rien à faire…
Finalement, elle dégage son pied, continuant de fixer l’homme, le sondant, l’analysant.


-Les femmes ont le droit de se vêtir de la manière qu’elles veulent. La bienséance n’arien à voir avec ça, finit-elle par déclarer d’un ton sec.

Habituellement, elle ne donne pas son point de vue. Mais si cela permet de justifier pourquoi elle est là, et ce sans éveiller les soupçons, alors elle n’a aucune hésitation.

-Quand à la raison pour laquelle votre pied s’est retrouvé sous le mien, continua-t-elle avec la même froideur, elle est bien simple : vous voyez une brebis glissée dans une meute de loup ? Je n’ai pas vraiment envie qu’on apprenne que je suis une brebis ou, si vous préférez, une femme.

Elle a tellement apprit en ce qui concernait la rhétorique. C’est comme ressortir un cours. Des métaphores pour mieux se faire comprendre. Une leçon qu’elle n’a plus beaucoup de difficulté à appliquer maintenant.

-Enfin, je trouve bien ironique que vous vous préoccupiez de mon pied. Commencez donc par vous occuper de vos propres blessures.

Son ton est cassant, mais il n’y a aucune animosité dans sa voix. De toute façon, il en a toujours été ainsi. Quand Arianne ouvre la bouche, la politesse arrive à se mêler aux paroles cinglantes. Inspirant soumission et force à la fois. Ainsi est le paradoxe de la jeune Delvanté.
Malgré tout, elle n’a pas justifié un point : attend-elle quelqu’un ? La réponse est simple : oui, elle attend quelqu’un, et ce quelqu’un n’arrive pas. Mais que peut-elle répondre à l’inconnu ? Un simple « oui » suffirait, mais elle a un mauvais pressentiment. Non pas vis-à-vis de l’homme en face d’elle, mais de l’attente qu’elle doit endurer. Celui qu’elle attend est long… Beaucoup trop long. Ses yeux perçant se promènent d’un individu à un autre. Attendez… Cet homme, là, dans le coin de la salle…

Il a détourné précipitamment son regard en croisant le sien.

Son esprit se met en alerte. Elle est en danger. Et son interlocuteur aussi.  Mais sortir pourrait-être d’autant plus dangereux. Malgré tout… est-ce que rester ici est une meilleure solution ? Elle décide finalement de se fier à l’homme en face d’elle. De toute façon, à moins de bien jouer la comédie, ce dernier est blessé. S’il se retourne contre elle, l’achever devrait être facile.
Elle se penche vers lui, lançant quelques regards à l’homme dans le coin de la salle, qui les fixe avec intérêt.

-J’attendais quelqu’un, murmura-t-elle, mais je pense que cette personne ne viendra pas, et que maintenant,  je suis la cible d’un certain individu dans cette salle. Non, ne le cherchez pas du regard, cela pourrait éveiller les soupçons, lui glissa-t-elle précipitamment. Je dirai qu’ils sont plusieurs, mais ne connaissant ni leur intentions, ni leur cible, je ne peux pas garantir que vous soyez en sécurité maintenant que vous avez parlé avec moi.

Son cerveau bouillonne d’idées et de suppositions. Que va-t-elle faire maintenant ? Et pourquoi diable a-t-elle prévenu cet homme ?! Maintenant qu’elle y pense, elle aurait très bien pu le laisser en plan, quitte à ce qu’il meurt, qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Mais maintenant quelle lui a parlé, elle se sent inexplicablement responsable de lui. Non pas qu’elle ne veut pas qu’il meurt. « Ne pas le vouloir » est bien trop fort. Disons que cela l’embête. Elle avouerait même être un peu perdue. Doit-elle partir ? Ou bien  rester ? Avec ou sans lui ?
C’est bien la première fois qu’elle prend le point de vue de quelqu’un d’extérieur en compte. Mais il faut croire que même les jouets usés avaient l’art de changer quand ils rencontraient un tout autre type de personne.

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Cauraus Sirdän
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Lun 8 Sep - 19:17

Le visage de son interlocutrice reste de marbre à sa question. La méfiance est de vigueur. D'ailleurs elle n'a aucun intérêt à se confier. Le jeune Aerien le sait éperdument. Sa question maladroite peut lui coûter la vie. Le profond regard de la jeune femme est froid, trop froid. Un froid lui rappelant celui de son village natale. Le souvenir s'éloigne, emmené par la sensation d'une mort approchant. A cette idée, le guerrier grimaça. Un légère douleur disparut se sentit. La chasseresse a enlevé son pied.

- Les femmes ont le droit de se vêtir de la manière qu’elles veulent. La bienséance n’a rien à voir avec ça.

Cauraus lève un sourcil. Pour lui le fait de s'accoutrer ainsi n'est pas habituel, il n'a encore jamais vu une femme se vêtir de cette manière. Après tout cela la regardait, peut être avait-elle assez de se faire séduire. Malgré le ton sec utilisé pouvant clore la discussion elle reprit :

- Quand à la raison pour laquelle votre pied s’est retrouvé sous le mien, elle est bien simple : vous voyez une brebis glissée dans une meute de loup ? Je n’ai pas vraiment envie qu’on apprenne que je suis une brebis ou, si vous préférez, une femme.

Le soldat se sent blessé à l'utilisation d'une métaphore mais au moins l'idée était claire. Il baisse son sourcil et soupir de manière discrète. Généralement une femme bien éduquée n'aime pas qu'on la considère inférieure à l'homme, son interlocutrice semble ne pas faire exception à cette règle. La brebis est faible, le loup est fort. Cet exemple lui laisse l’occasion de faire un léger sourire.

- Enfin, je trouve bien ironique que vous vous préoccupiez de mon pied. Commencez donc par vous occuper de vos propres blessures.

Le ton est autoritaire, cassant. Il serre son verre et soupir un grand coup. Les choses l'ont complètement dépassé. Son sourire s'effaça, à son grand regret. Cette phrase ressemble au sel qui s'incrusterait sur vos blessures. Il doit ignorer cette parole et la dépasser sinon le reste de vie s'évaporera. S'apitoyer sur son sort ne changera rien. En se montrant faible rien ne change ! De la témérité ! L'envie de pleurer, de hurler et de craquer l’envahirent. Et si c'était ce qu'elle voulait ? Même si l'envie est grande, il est incapable de répondre. Trop de sentiments se bousculent en lui. La peur de craquer et de refaire un massacre bloque toute actions.

Les yeux de sa partenaire de table se détourna des siens, ils étaient beaucoup moins impassible. La chasseresse se pencha vers lui, l'Aerien fit de même. Ses yeux grisés montrent une personne au coin, elle murmura :

- J’attendais quelqu’un, mais je pense que cette personne ne viendra pas, et que maintenant,  je suis la cible d’un certain individu dans cette salle. Non, ne le cherchez pas du regard, cela pourrait éveiller les soupçons. Je dirai qu’ils sont plusieurs, mais ne connaissant ni leur intentions, ni leur cible, je ne peux pas garantir que vous soyez en sécurité maintenant que vous avez parlé avec moi.


Sa propre sécurité le souciait guère. Son éducation le forçait de défendre cette femme quoiqu'il en soit. L'inquiétude de son regard lui fait comprendre que la situation pouvait être mortelle. Ces hommes étaient peut être armés.

– Votre situation est si grave que cela ? Ces hommes ne doivent pas être très expérimenté, vous aurez le temps de fuir si cela est nécessaire. Je pourrais les retenir le temps de vous réfugiez. J'ignore qui vous êtes et d'où vous venez et pourquoi ils vous cherche. Tant que nous sommes ici nous ne risquons rien. Inutile de vous souciez pas de moi...je n'ai plus la force de m'échapper.

Un sentiment d'injustice l'hébète de plus en plus. Son estomac se noue. Cette soirée risquait d'être sa dernière. Le réconfort, une chose qu'il n'a pas eu depuis déjà de nombreuses lunes. Il en voulait, s'était devenu un fantasme. Si seulement on pouvait lui dire qu'il en faisait trop. Plus cette soirée durait plus son masque, servant à cacher ses sentiments, se brisait. Il sent ses yeux rougir, sa respiration augmentée, ses bras légèrement tremblés et sa tête devenir de plus en plus lourde. Il se sent devenir faible. Il ferme ses yeux quelques instants puis reprend calmement.

– En effet, je n'ai plus d'échappatoire, la voix du guerrier trembla. J'ai tout fait pour devenir un soldat discipliné et intelligent...pourtant je n'ai jamais vaincu ma peur de la mort. Sans soin mes blessures vont me coûter la vie. Chaque jours je m’affaiblis. J'aurais la force de vous protégez...mais pas de vous suivre éternellement. Mon rêve fut de devenir un guerrier au service de Lyrianna Delvanté...un rêve désormais inaccessible. Sa disparition a fait poser beaucoup de question chez moi, j'ignore encore le successeur. Cette désinformation me fit peur pendant un temps. Je voulais me faire un nom mais il n'en sera rien. Je vous en prit, retenez le mien, je me nomme Cauraus. Je viens des montagnes, je suis ici depuis peu...

Son esprit était embrouillé. Il n'était pas très galant de geindre devant une dame. Plus rien n'avait d'importance. Le manque de sommeil et la déprime commence à la rendre fou. Pourquoi donnait-il son prénom à la va-vite et à n'importe qui ? Qu'importe, ils devaient sortir d'ici.

– Mon avis est que nous devons sortir d'ici. Je peux me battre contre eux, suffisamment longtemps pour que vous vous cachiez. A moins que vous avez une planque où on pourrait se réfugier, cependant il faudra les semer. Il ne vous reste plus qu'à choisir.

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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Dim 21 Sep - 15:14









♦ Sauver ou être sauvée...♦



– Votre situation est si grave que cela ? Ces hommes ne doivent pas être très expérimenté, vous aurez le temps de fuir si cela est nécessaire. Je pourrais les retenir le temps de vous réfugiez. J'ignore qui vous êtes et d'où vous venez et pourquoi ils vous cherche. Tant que nous sommes ici nous ne risquons rien. Inutile de vous souciez pas de moi...je n'ai plus la force de m'échapper.

Ses yeux gris se posent de nouveau sur l'homme, le sondant de nouveau. Le faciès de la jeune femme est toujours aussi froid. Ment-il, ou est-il honnête avec toi? Des questions la taraude. Cet homme ne tient-il donc pas à la vie? Ou pense-t-il que cela suffirait à l'attendrir?  Ses yeux en amandes ne semblent pas mentir... L’ambassadrice hésite. Elle ne peut rester éternellement ici. Si ça ne tenait qu'à elle, elle s'empresserait de s'en aller, quitte à combattre pour sauver sa peau. Mais l'hésitation l'habite. Que doit-elle faire de cet homme, qui lui propose son aide au risque de périr? Elle a du mal à s'imaginer le laisser, tel un bouclier usé, le temps qu'elle puisse fuir. Et rien que par ce fait, elle s'étonne. ça ne lui ressemble pas de culpabiliser. Après tout, elle en a fait, des meurtre injustifiés. Pauvre outil sans cervelle, maintenant qu'elle a l'occasion de s'envoler de ses propres ailes, voila qu'elle se retrouve de nouveau liée à quelqu'un par de nouvelles chaînes: la culpabilité. Non, hors de question qu'elle ai des regrets. Il faut survivre dans ce monde. Et sa survie était bien plus importante que tout le reste... N'est-ce pas?
.... N'est-ce pas???


– En effet, je n'ai plus d'échappatoire. J'ai tout fait pour devenir un soldat discipliné et intelligent...pourtant je n'ai jamais vaincu ma peur de la mort. Sans soin mes blessures vont me coûter la vie. Chaque jours je m’affaiblis. J'aurais la force de vous protégez...mais pas de vous suivre éternellement. Mon rêve fut de devenir un guerrier au service de Lyrianna Delvanté...un rêve désormais inaccessible. Sa disparition a fait poser beaucoup de question chez moi, j'ignore encore le successeur. Cette désinformation me fit peur pendant un temps. Je voulais me faire un nom mais il n'en sera rien. Je vous en prit, retenez le mien, je me nomme Cauraus. Je viens des montagnes, je suis ici depuis peu...

A l'entente d'un nom particulier, les traits de la jeune femme se crispent. S'il y avait bien un nom qui ravive les blessures, un nom qui la laisse hurler de l’intérieur, un nom qui lui fait encore peur, c'était bien celui là. Un nom qu'elle n'a jamais prononcé, au final, mais dont la sonorité seule suffit presque à lui déchirer les entrailles. Celui de sa grand-mère. Une colère sans nom enfle alors dans sa poitrine. Comme à son habitude, son masque demeure greffé à son visage. Mais tout homme lucide saurait voir qu'au fond de ses yeux, une flamme brûle. La sympathie qu'elle éprouvait pour cet homme disparaît alors. Un larbin. Il désire être un larbin, ou du moins, il le désirait. Car maintenant que la dame noire n'est plus là, ce désire n'est plus qu'un rêve, un songe. Et tant mieux pour lui. Il ne faisait pas bon d'être sous la coupe de la Delvanté... Il ne faisait pas bon d'être contre elle non plus... Au fond d'elle, la rancœurs la ronge, mais la raison, tel un baume, un remède, l'atténue peut à peut jusqu'à la faire disparaître. Cet homme n'est pas mauvais. Il n'est pas le genre d'homme qui voudraient servir Lyrianna par intérêt. Il est juste inconscient. Inconscient de ce qu'elle était. Après tout, n'avait-on pas vendu cette dame comme une salvatrice? Arianne seule, ainsi que d'autres rares élues, connaissaient la vraie nature de l'ancienne ambassadrice. Ce Cauraus souhaite juste servir son pays sans savoir. En ce sens, elle n'a pas à ressentir de haine pour lui. Ce nouveau sentiment désagréable hante son esprit. De la pitié? Pour quelqu'un d'autre quelle?
Peut être qu'au fond, tu n'es pas si cruelle...


– Mon avis est que nous devons sortir d'ici. Je peux me battre contre eux, suffisamment longtemps pour que vous vous cachiez. A moins que vous avez une planque où on pourrait se réfugier, cependant il faudra les semer. Il ne vous reste plus qu'à choisir.

Elle sent sa faiblesse. Elle sent sa blessure. L'homme expire, la mort l'aura à l’usure.  Elle décide de se détacher de ces sentiments. Elle ignore son âme qui lui cri de le sauver. Il a raison. Il faut s'en aller. Courir, pour se cacher. Ainsi l'ambassadrice sera sauve, au prix d'un noble sacrifice.
Pourtant... Au fond d'elle, une vois murmure.
"Sauve-le."
Sa vie est plus importante que celle du guerrier. De toute façon la mort de ce dernier est proche, autant l’abréger...
"Sauve-le!"
Il veut donner sa vie. S'il meurt ainsi, avec bravoure, elle n'aura pas de remord. Oui, il n'y a pas d'hésitation à avoir... C'est nécessaire... Nécessaire...

"Sauve-le..."

Sa main se pose précipitamment sur le poignet de l'homme, comme pour l'arrêter dans un geste qui ne s'apprête de toute façon pas à faire. Elle redresse la tête. Son visage est froid, comme toujours. De toute façon cette coquille là ne peut être brisée. Mais elle plonge alors son regard dans celui de l'homme. Une détermination nouvelle l’habite. Non, elle ne peut pas. Elle ne peut pas l'abandonner à son sort alors qu'elle a la capacité de l'aider. Ca serait contre nature... Contre sa propre nature...

Tu as une nature maintenant?

De la pitié. Elle ne veut pas la ressentir. La dernière fois, elle a faillit y perdre, et aujourd'hui encore la conséquence de son erreur désire ardemment la tuer. Pourtant, elle ne peut s'empêcher de sentir ce pincement, dans son coeur, à l'idée que ce Cauraus qu'elle connait à peine ne meurt pour elle. C'est un sentiment profond, qu'elle a du mal à analyser, à reconnaître. Mais elle sent, au fond d'elle, que si elle ne fait rien elle va avoir des regrets. Ca serait bien la première fois qu'elle aurait des regrets...
La première fois... est-ce seulement bien vrai?


-Non, commence-t-elle d'un ton sans réplique, vous allez venir avec moi. J'ai la possibilité de vous aider à guérir, et à survivre. Vous allez donc me suivre sans faire d'histoire. Je connais un endroit sûr.

Pas une seule fois il ne lui vint l'idée de dévoiler son identité. De toute façon, il la découvrirait bien un jour ou l'autre. Il fallait maintenant sortir. Calmement, elle se leva de sa chaise, alla déposer quelque pièce et se dirigea vers la sortie.
Au niveau de sa cuisse droite était accrochée une dague... Il était maintenant temps de s'en servir.

Derrière elle, elle sent Cauraus qui se lève. Mais ce n'est pas le seul ayant quitté sa chaise. L'individu qui en veut à sa vie n'a pas l'air de vouloir plus se cacher. Il doit maintenant savoir qu'elle sait. Allongeant le pas, Arianne franchit la porte. Sans attendre son "compagnon", elle prend un chemin vers sa droite. Sa destination est le palais. Seulement, elle s'en doute, des ennemis l'attendent sur la route. Heureusement, par son ancienne profession, elle connais tous les passages de la cité. Sans prévenir, elle s'engage alors dans une ruelle sombre. Elle ne court pas, mais son pas est pressé. Il est évident qu'elle ne veuille pas être rattrapée. Ses yeux sombres jettent de rapide coup d’œil, calculateurs. Elle n'a pas le droit à l'erreur. Après tout, elle a deux vies à sauver...


-Restez près de moi et surtout, pas d’imprudences.

Seulement des bruits de pas atteignirent ses oreilles. Pas ceux de Cauraus, pas les siens.
...Des pas plus lointains.


Spoiler:
 

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Cauraus Sirdän
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Mer 8 Oct - 19:13

L'enthousiasme qu'il porte pour sa propre mort l'étonne en premier lieu. Son interlocutrice, la tête baissée, reste de marbre quelques instants. Elle semble songeuse. Le guerrier se sentit mieux un court moment, soudain, une main féminine prend son poignet comme pour arrêter son geste. Enfin quelqu'un pour arrêter sa folie ? La main de la jeune femme l’embarrassa mais il arrive à le cacher. Elle redressa la tête et prit la parole :

- Non, vous allez venir avec moi. J'ai la possibilité de vous aider à guérir, et à survivre. Vous allez donc me suivre sans faire d'histoire. Je connais un endroit sûr.


Cauraus est surprit, il y a quelques instants il était terrifié à l'idée de mourir, maintenant on lui propose de survivre ? Un échappatoire pouvant changer son destin. Une suite à sa vie. Un espoir. Voilà, une sensation qu'il n'a pas eu depuis longtemps. Cette soif de vivre. Cependant il sait éperdument que s'enfuir sera une tâche difficile. Il avait une chance de s'en sortir, il fallait la saisir. Même si la proposition est tentante, il ne connaît toujours pas son interlocutrice. Des soins et un logement, même provisoire, ne sont pas gratuit et elle sera parfaitement en droit de lui demander son dû. A-t-il le choix ? Suivre cette dame et vivre quitte à devoir faire un travail illégal ? Ou alors mourir en prison suite à ses blessures avec son nom dans le mauvais registre ? La seule option viable reste la première. Leurs deux regards se croisent. Celui de la jeune femme, glacé, attend sa confirmation. Tandis que celui de Cauraus, exprime sa confiance. Le jeune guerrier hoche de la tête.

Calmement, elle se lève et se dirige vers la sortie après avoir posée quelques pièces. C'était le moment. Le jeune Aerien prend ses armes et son bouclier et commence à suivre la jeune femme. Du coin de l’œil il vit un homme se lever aussi. Coïncidence ? Non, c'est sans aucun doute l'homme dont il faut se méfier. Une fois sortie, le changement de température se manifeste. L'air s'est bien refroidie. Cauraus cache sa chevelure avec sa capuche et emboîte le pas. Il ignore complètement sa destination. Les ruelles empruntées ne lui inspire pas confiance, à une heure pareil ce genre d'endroit devient un véritable coupe-gorge, de plus qu'ils étaient suivis par des gens mal intentionnés. Soudain, ils s’arrêtent, la jeune femme jette un rapide coup d’œil.

- Restez près de moi et surtout, pas d’imprudences, dit-elle.

Des imprudences ? Cela ne risquait. Néanmoins des bruits de pas se faisaient entendre et se rapprochaient. Le guerrier ne sait pas comment il doit réagir. Lentement il prend en main son épée et commence à la dégainée. Était-ce un piège ou alors l'homme qu'elle attendait ? Si c'est une embuscade alors ils sont perdu, si c'est l'homme qu'elle attendait alors il ne devrait pas apprécier la présence de Cauraus. Durant quelques instants l'Aerien pensa que la chasseresse l'avait trompé, il chassa immédiatement cette hypothèse. D'ailleurs était-elle vraiment une chasseresse ? Qui était-elle ? Le moment est mal choisie pour réfléchir sur ces questions. En effet un homme d'apparence belliqueuse sortie de l'ombre et se tenait devant les deux Aeriens. Le sang de Cauraus ne fit qu'un tour. Il est affaibli et ce combat peut être son dernier si son adversaire est intelligent.

– Courrez ! Je m'occupe de celui-là !

Cauraus ne veut pas le tuer, il souhaite seulement le mettre hors de nuire. Le temps n'était pas à la bonté. Le tuer serait bien plus facile, mais cela aggraverais son cas avec un meurtre non justifiable. La jeune femme qui l'accompagne refuse de s'enfuir. Sa présence était rassurante. L'homme belliqueux chargea en pointant son arme vers eux. D'un simple coup d’œil Cauraus comprit la fatale erreur digne d'un apprenti. Pour contre-attaquer, l'Aerien envisagea de parer et de l'assommer avec son bouclier. Pourtant l'erreur n'était qu'une feinte, un autre bandit surgit juste derrière eux. Déconcentré Cauraus rata sa parade mais réussit à déstabiliser son adversaire avec un rapide coup de bouclier. Derrière lui combattait sa jeune camarade d'arme, elle semblait expérimentée avec sa dague. Trop expérimentée, elle ne fit qu'une bouchée du brigand. Légèrement vexé devant tant d'expérience Cauraus assomma à l'aide de ses lourds gants en plaque son adversaire. L'Aerien adressa un petit sourire à sa « compagne » avant de relever sa tête. D'autres pas, bien plus lourd se font entendre.

– La patrouille ? Ne restons pas là !


Le jeune guerrier prit la main de la jeune femme avant de se cacher dans un petit coin sombre entre deux maisons. Il la plaqua contre lui. Cette situation l'embarrassa au plus haut point. Pour lui c'était clairement un manque de respect. La patrouille se rapproche et remarque les deux bandits assommés. Les gardes regarda sommairement les corps avant de les emmener et repartir, sans doute étaient-ce des personnes recherchés. Cela semblait improbable.

– Heureusement qu'ils n'ont pas cherchés, un peu plus et nous étions cuit ! On doit être tranquille maintenant. Bien joué pour l'autre, murmura-t-il avec un léger sourire. Où allons-nous maintenant ? On n'arrête pas de se rapprocher du palais et je ne pense pas que la meneuse veut bien de nous !


La jeune femme ne répondit pas et reprit la route. Cauraus d'une petite voix honteuse s'exclama.

– Oui, euh...désolé de vous avoir prise ainsi...ce n'est pas dans mes habitudes...hum, bon...

Il bafouilla, ce n'était pas dans ses habitudes. Quand il vivait chez les riches commerçants il utilisait toujours un langage soutenu, plaisantait avec respect. Aujourd'hui tout cela n'était plus. Le guerrier sentit ses joues rougirent, il baissa la tête quelques secondes avant de suivre sa bienfaitrice. Ils avançaient toujours vers le palais. Peut être que sa planque se trouvait près du somptueux palais. Quelques gouttes de sueurs coulaient sur son front. Ce qui lui rappela que hélas, son dernier bain commence à remonter. Il n'aime pas l'idée d'être avec une femme dans un tel état. Néanmoins quelque chose se faisait ressentir, sa douleur revenait. Depuis qu'ils ont quitté l'auberge, il avait réussit à penser à autre chose. Sa blessure commença à devenir insoutenable. Il crut s'évanouir mais ne contenta de tituber et de se tenir près d'un mur de maison. Il ferma les yeux quelques instants avant de reprendre la route.

EDIT : Si cela ne va pas, MP moi
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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Dim 19 Oct - 0:53









♦ Dans les rues ténébreuses ♦




La jeune femme se fige. Un homme. Armé. Un ennemi.

- Courrez ! Je m’occupe de celui-là !

Le passage est bloqué. Un obstacle leur fait face. Mais Arianne ne bronche pas. Sa mâchoire crispée, elle flèche les genoux, ses muscles de ses bras se tendent. Pourtant, il a raison. Elle devrait fuir. Après tout, c’est ce qu’elle devait faire, maintenant qu’elle était importante. C’est vrai, pourquoi le protéger ? Lui, n’est qu’un déchet. Toi, tu brilles. On te l’a mainte fois dit, que maintenant, tu brillais. Et pourtant, tu ne désir pas le laisser. Tu te sens trop impliquée. Impliquée dans quoi ? Tu n’as jamais été impliquée dans quoi que ce soit ! Tu ne t’es jamais mêlée de rien. Tu as toujours appliqué, sans jamais t’impliquer. Une fois de plus, obéis. De toute façon, tu ne sers qu’à ça.

Seulement la jeune femme ne part pas. Elle lui a promit qu’il survivrait, et, en ce sens, fera tout pour ne pas dérober à sa promesse. Sauf que l’inconnu attaque. Cauraus réplique, durement, et un duel acharné s’engage. Les yeux vifs de la jeune femme captent un nouveau mouvement, vers sa gauche. Ils ont un invité. Rapide, elle esquive in extremis un coup, en roulant sur le côté, tandis que son camarade déstabilise le nouveau venu d’un coup de bouclier. Son sang ne fait qu’un tour. A peine le bouclier heurte durement le crâne de l’ennemi que l’ambassadrice bondit. Ses mollets la projettent vers l’ennemi, soulevant la poussière des ruelles sales. L’homme se remet à peine du choc que la dague de la jeune Aeriens fuse vers lui. Mais il la bloque d’un coup d’épée. Rapide. En une fraction de seconde, Arianne réuni toute sa concentration. La présence du combat derrière elle la dérange. Elle n’a pas l’habitude qu’on surveille ses arrières. Il faut dire qu’elle a rarement combattu avec quelqu’un d’autre que son maître. Et celui-ci l’aidée rarement. Après tout, on apprenait en appliquant.

Combien de fois aurait-elle pu mourir… Combien de fois avait-elle eu cette chance. Mais aujourd’hui, elle n’a pas le choix. Pour survivre, il faut qu’elle fasse confiance. Elle détache de son esprit ce duel qui n’est pas le sien. Un sifflement lui provient à son oreille gauche. Arianne esquive de nouveau. Inexpressif, son faciès toise l’ennemi. Ainsi, elle montre qu’elle peut être rapide aussi. Avec une vivacité qui lui est propre, elle bloque la lame de poignard qui n’est pas parvenu à l’atteindre d’une main, bloque l’épée de sa propre lame et assène un grand coup dans le ventre de l’ennemi. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle prend appuie sur ce coup et s’élève dans les airs. Son autre jambe décolle, assène un coup au menton de l’homme. Ainsi, dans les airs, sans appuis, elle retombe. Sa réception est plutôt bancale, et l’empêche d’enchainer avec un nouveau coup. A la place, l’homme, se tenant la mâchoire d’une main, lui assène un coup latéral. Arianne bloque la lame de sa dague. Les deux armes se rencontrant chantent en une assourdissante complainte. Mais Arianne ne l’écoute pas. En réalité elle l’entend à peine. Une ouverture se tient face à elle. En effet son ennemi s’apprête à lui assener un coup de sa dague. Son bras est trop loin de sa gorge pour une parade. La main libre de l’ambassadrice fuse. Elle frappe avec précision la trachée. L’homme s’étouffe. Il lâche sa dague. L’Aeriens tente le tout pour le tout, quitte à se faire embrocher. Sa propre dague cesse de lutter contre l’épée ennemie. La jeune femme se baisse, contourne l’homme en attrapant sa dague au vol. Puis elle se redresse, se retourne et, face au dos de l’homme en train de pivoter vers elle malgré son incapacité à reprendre une bouffée d’air. Sans attendre elle assène un coup de la garde dans la nuque de l’individu. Le métal retourne à son possesseur, se percutant durement sur sa chaire, lui ôtant la conscience et, dans un même temps, la victoire.

Le travail était fini, le tout sans avoir affiché la moindre difficulté. Ceux là étaient bons, mais pas assez. Néanmoins, elle n’a pas trop perdu. Cela aurait pu mal tourner et elle est heureuse, si tout de moins elle pouvait affirmer ressentir un tel sentiment, que cela se soit ainsi terminé. Enfin, cela n’est pas véritablement la fin. Cette bataille remportée par Cauraus comme par elle, ne signe en rien le salut final. Des pas s’approchent. Des cliquetis métalliques accompagne le bruit des pieds prenant appuie sur le sol. La garde. Il ne faut pas qu’elle la trouve. La meneuse n’est pas censée menée des entrevue officieuse, ni trainer dans un endroit si malfamé. Tout de même, qu’elle est compliquée, la vie de reine. On ne fait jamais rien, mais on doit faire attention à tout…

Plus rapide qu’elle, son compagnon se saisit de sa main et l’entraine. Docilement, elle suit. L’homme l’attire vers une cachette, loin des regards protecteurs, et qui pourtant, à l’instant, leur est mortel. Dans l’ombre d’une maison, elle se fait plaquer, et sent que Cauraus s’approche d’elle, très près… Trop près. Elle sent soudain la pression de l’armure sur son corps. Dans son estomac, c’est comme si une créature venait de faire un bond. Surprise, elle arrive pourtant à réprimer son étonnement par un effort qui lui parait maintenant naturel.  Les soldats arrivent, voient les corps et, ne cherchant pas plus l’auteur de leur état, les emportent. C’est fini. Ils sont en sécurité. Du moins, pour l’instant…
Cauraus la libéra de sa prison de ferraille, et le soulagement l’inonda quelque peu. Sa réaction demeurant inexpliquée, et ses sentiments étant un terrain qu’elle avait décidé de laissé inexploré, elle ne cherche pas plus loin.


– Heureusement qu'ils n'ont pas cherchés, un peu plus et nous étions cuit ! On doit être tranquille maintenant. Bien joué pour l'autre .

Elle ne répondit pas. La remarque ne lui fit même pas plaisir. Il était tellement normal de se battre… Là était le problème, c’était normal.

-Où allons-nous maintenant ? On n'arrête pas de se rapprocher du palais et je ne pense pas que la meneuse veut bien de nous !

« Croyez-moi, elle veut beaucoup plus de nous que vous ne le pensez, Cauraus » Songee Arianne sans rien trahir. Elle décide de ne rien dire, et continue sa route. Bientôt, ils seraient en sureté, tous les deux.

– Oui, euh...désolé de vous avoir prise ainsi...ce n'est pas dans mes habitudes...hum, bon...

Pourquoi s’excusait-il ? Si cela était nécessaire ? Lui aussi avait ressenti ce sentiment désagréable qui avait soulevé sa poitrine tantôt ? Elle n’en sait rien. Tu ne sais rien. De toute façon, tu à encore tant de choses à apprendre.

Aux aguets, inexpressive, elle continue son avancée vers le palais. Elle sent Cauraus marcher derrière lui. Le bruit de ses pas est lourd, irrégulier. Sa blessure l’empêche de marcher correctement, le tiraillant de ses bras empestant la douleur. Il va falloir se dépêcher, si elle ne veut pas le voir expirer. Il l’a aidée. Peut être, sans lui, ne serait-elle déjà plus en vie. Elle devait l’aider. Pour cette raison inconnu. Pour cette injustice inexplicable qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle songeait à son sort. Mais l’effort semble de plus en plus grand pour son coéquipier. Finalement, elle s’arrête.


-Nous devrions faire une pause, annonce-t-elle, sans se tourner vers lui.

Le palais a beau se rapprocher, il demeure encore loin. Si Cauraus ne tenait pas… Elle ne sait pas ce que cela ferait, mais elle ne veut pas le savoir. Son intuition, qu’elle suit d’ordinaire si peu, lui indique que cela lui serait désagréable. Finalement, c’était compliqué, de veiller sur lui. Désagréable, compliqué, et pourtant tellement indispensable… et si nouveau.

Alors… C’était si lourd que ça, d’avoir la vie de quelqu’un sur ses épaules ?
Ils choisissent une nouvelle ruelle, rongée par les ténèbres. Sans un sourire, elle aide son camarade à s’assoir, tandis qu’elle sort son poignard et s’appuie contre le mur en face de lui. Il faut veiller à ce que personne ne vienne.


-Comment-vous êtes vous fait cela ? demande-t-elle en montrant du regard l’endroit ou la blessure de l’homme semblait se situer.

La réponse de l’homme vient, non sans difficulté. La jeune femme l’écoute avec attention, mais elle n’entend pas un bruit tout autre, qui lui n’était pas né des lèvres de son protégé. Le frôlement d’une étoffe.


-Alors, ma chère… Vous pensiez sincèrement que j’allais venir à votre minable rendez-vous ? Comme si je ne pouvais pas sentir ce genre de piège. Ce n’est pas votre espèce puante qui va m’ôter et ma vie, et mes biens…

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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Ven 24 Oct - 19:44

Le guerrier se figea de nouveau. Le combat et la fuite lui ont drainés toute son énergie. Le souffle court il tenta de faire un pas. Sa bienfaitrice s'arrêta dans une autre ruelle bien plus sombre que la dernière.

- Nous devrions faire une pause !

Chaque respiration devenaient plus difficile et douloureuse. Une pause est en effet la bienvenue. La jeune inconnue aide Cauraus à s’asseoir. Il a grimacé à cette idée. Il a toujours aidé les autres...peut être était-ce la cause de sa perte. A force de se préoccuper des autres il a oublié de se soucier de lui même. Il donna un violent coup de tête en signe de protestation. Son opposition n'est que la révélation d'une triste vérité. Depuis toute ses années, pour être plus énergétique et performant, il a été contraint de se mentir à lui-même. Qui était-il alors ? Un rédempteur ou simple un menteur gringalet ? Plus il continue, plus la première proposition s'efface. Durant quatre longues et difficiles années il s'est mentit pour réussir...mais réussir quoi au final ? Ces quatre années semblent avoir volées toute son énergie vitale. Son rêve lumineux le mena à la mort ténébreuse. La colère de cette grossière erreur d’orgueil a engloutit le peu d'espoir restant. Désormais elle souhaite sortir. Qu'allait-il se passer si elle sortait ? Allait-il tuer ? Qui ? Lui ? Sa bienfaitrice ? Toute ses questions où il faut des réponses immédiates. Assaillit de toute part il se devait de faire le ménage dans sa tête. Ces questions cherchent et ne veulent que sa perte. Elles veulent le détourner de son unique objectif : suivre cette mystérieuse femme pour survivre. La situation ne laisse pas le temps à ce genre de doute. Afin de montrer à lui-même sa franchise et sa résolution à survivre il fallait se relever et marcher. Cette tentative pour se redonner du moral échoua de manière critique. A peine après avoir tenté à bouger ses jambes et ses bras Cauraus sentit un immense poids sur lui. En réalité, il est incapable de faire quoique ce soit, du moins pour l'instant.


Pendant qu'il méditait sa jeune « amie » avait déjà sortie sa dague. Le quartier ténébreux, fait de maisons bâtie d'une belle architecture, n'était pas sur. Personne ne devait venir, de toute façon à cette heure la plupart des honnêtes habitants dorment. Il est imprudent de s'arrêter. Il fallait continuer mais pour la première fois depuis longtemps Cauraus se sentit incapable de bouger. Ses jambes lui paraissent si lourdes, si rigides. Cauraus soupire et lève les yeux vers son « amie ». Sa silhouette lui semble bien plus féminine qu'à leur rencontre à l'auberge. Il n'a fallu que d'une seconde pour que le guerrier s'en rend compte qu'il était en train de l'admirer. Avoir des sentiments plus ou moins amicaux pour cette personne n'était pas conseillé. Après tout elle est en train de lui sauver la vie. La personne en question s'appuya contre le mur et face de l'Aerien avant de pointer du regard sa blessure.

- Comment-vous êtes vous fait cela ?

Cauraus baissa les yeux vers sa blessure. Que doit-il répondre ? Doit-il dire la vérité ? Elle a sûrement eu vent du charnier dont il est responsable. Parler de ça lui semble trop tôt, mais se rétracter n'est pas une solution. Pourquoi se méfier après ce qu'elle fait pour lui ? Elle risque sa vie et sans doute plein d'autres choses en veillant sur lui. Si tout va bien, dans une heure probablement, il sera caché et en train de se faire soigner. Le regard qu'elle lançait n'était ni intimidant ni manipulateur. Il était froid. Malgré la froideur il y a une pointe de compassion, d'inquiétude mais surtout de curiosité innocente.

Difficilement Cauraus cherche à répondre. Du moins commencer, cette longue histoire doit être expliquée en lieu sur. L'attention de sa protectrice le toucha. Le guerrier prit une grande inspiration pour parler mais est subitement coupé par une autre voix venant de plus loin.

- Alors, ma chère… Vous pensiez sincèrement que j’allais venir à votre minable rendez-vous ? Comme si je ne pouvais pas sentir ce genre de piège. Ce n’est pas votre espèce puante qui va m’ôter et ma vie, et mes biens…

Vexé, le jeune homme aurait bien voulu lui dire deux mots...si il en était capable. Le nouvel arrivant est vêtu de noir, un peu courbé et sa voix grave est synonyme d'ennui en perspective. C'est sans aucun doute la personne que son « amie » attendait, cependant elle ne semble pas enchantée de le voir ici et en particulier maintenant. La situation est incompréhensible. Pourquoi parle-t-il de la race des Aeriens en entier ? Sa bienfaitrice ne la représente sûrement pas. La seule responsabilité qu'elle peut avoir est la direction d'un réseau de mercenaire. Mais alors pourquoi ôter sa vie et ses biens ? Fait-elle partie ou dirige un réseau spécialisé dans l'assassina et dans le recèle ? L'inconnu est grand aussi bien sur le plan physique que sur le plan de l'illégalité. Il paraît expérimenté, malhonnête et imposant. Cherche-t-il à les tuer ou à les intimider ? D'un pas lourd, il se rapproche. De son manteau pendent de longues et lourdes griffes. Un ricanement sortit de sa bouche. Un regard orgueilleux est émit par ses yeux. Ce dernier fixa l'espace d'un instant Cauraus avant de fixer la jeune femme. Que faire ? Le monstre se rapproche. L'adrénaline envahie Cauraus, elle ainsi que la courte pause lui rendirent un peu d'énergie. Sa bienfaitrice recule tout en lançant un regard à vous glacez le cœur, elle doit avoir un plan.

- Vous avez tenté de vous jouez de moi et mon or ? A mon tour de me jouer de vous ! Dommage pour vous jeune homme, vous et votre « supérieure » finirez en …

L'inconnu trébucha sur la jambe habillement placée de Cauraus. Le voir tomber ainsi réjouit le guerrier qui commença difficilement à se relever. En revanche, il n'avait pas prévue que l'inconnu soit un véritable acrobate. En effet, sa chute se transforma en roulade le mettant ainsi devant le chemin et en colère. Néanmoins la roulade ne fut pas complètement inutile. D'un coup d’œil Cauraus comprit qu'une pareille pirouette n'était pas l’œuvre d'un homme mais plutôt d'un Drack. Leurs écailles permettent de faire des roulades fantastiques et trop souvent mortelles. La situation est plutôt critique. En face d'eux se trouve le palais, sans doute la planque mais surtout un Drack furieux. Ses griffes sont acérées et empêchent tout forcement de passage.

– Nous devrions faire demi tour, murmura Cauraus, j'espère que votre cachette n'est pas loin, je ne sais pas combien de temps je pourrais courir. En utilisant les rues « officielles » étant bien plus éclairée on pourra espérer le retarder. Si un citadin aperçoit ce Drack, c'est la moitié de la garnison qui sera mobilisée pour s'occuper de lui, il ne pourra que se replier. Fuir la garde sera bien plus facile que ce monstre. Notre direction est toujours prêt du palais n'est-ce pas ?

La jeune femme qui l'accompagne acquiesça. Maintenant il fallait le distraire. Il n'est pas stupide et il se doute très bien que quelque chose se trame. Le mastodonte paraît vif, trop vif, un papillon passant trop prêt de lui pourrait le surprendre tellement il se focalise sur ses deux proies. Cauraus prit rapidement en main un morceau de métal trouvé il y a des années et depuis conservé dans une petite bourse en cuir. Afin de pousser le Drack à attaquer lui et sa bienfaitrice reculèrent lentement. Ne souhaitant pas voir ses proies s'échapper le monstre commence à charger. Les deux Aeriens reculent de plus en plus rapidement avant de se retourner puis courir comme ils peuvent. Quand le Drack entra dans la rue secondaire Cauraus lança son morceau de métal arrivant au niveau du visage du poursuivant. Surprit puis désorienté il rugit de colère. Malheureusement cela ne dura pas, toutefois ils ont gagnés quelques précieuses secondes.

Les Aeriens rejoignent la rue principale, le palais n'est plus très loin. Bientôt le Drack sera contraint d'abandonner. La jeune femme commence à être essoufflée, le guerrier a longtemps passé le stade du simple essoufflement. Son visage est devenu étrangement pâle, la course lui a coûté beaucoup de sang. Sa détermination doit être la seule chose qui le maintient en vie. Sa vue se trouble, son souffle de plus en plus court. Fort heureusement pour eux un grognement de mécontentement se fit entendre. Le poursuivant est forcé d'abandonner, son imposante silhouette avertirait les gardes du palais. Il ne peut que retourner dans les ombres. Cauraus, à bout de souffle, arrêta de courir et s'appuya sur un mur.

– B-bien...nous sommes tranquilles. Nous avons eu de la chance, peut être qu'il n'essayait que de nous faire peur. Ne vous en faite pas pour moi, j'aurais la force de continuer jusqu'au bout.


Malgré sa volonté ses jambes le trahissent. Cauraus tombe à genou. Des cernes se font voir sur son visage pâle. Il n'arrivera, encore une fois, pas à se relever sans aide. Encore une fois il n'a pas été franc avec lui même. Un goût de sang envahit sa bouche. Il lui faut des soins et du repos de toute urgence sinon dans quelques heures Cauraus ne sera probablement plus de ce monde.

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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Dim 30 Nov - 22:03









♦ La fin du voyage ♦




Arianne fait volt- face. Elle ne l’a jamais entendue, cette voix, mais elle pense en connaître la source. Celui qu’elle devait rencontrer, celui qu’elle devait trahir, venait de les retrouver. Ses iris d’argent toisent alors l’individu. Grande, imposante, la sombre armoire à glace possède un visage aux traits durs. Anguleux, ils affichent une expression railleuse, moqueuse, et pourtant infiniment plus froide que le facies de la jeune ambassadrice. De beaux vêtements couleur ténèbres l’habillent, cachant une cotte de maille visible en quelques endroits. Pour peu, on aurait pu le prendre pour un commerçant, riche et respectable. Mais les cicatrices ne trompent pas, et son expression malsaine détourne d’un tel mensonge. L’incompréhension vient alors hanter les pensées de la jeune fille. Comment est-il au courant ? Seuls quelques Sénateurs et elle ont connaissance du projet, celui de détrousser lâchement cet homme en lui promettant la sécurité. L’information aurait-elle fuité ? Si tel est le cas, alors deux hypothèses viennent à naître : Ou un espion a eu vent de la conversation privée, ou un traitre est parmi le Sénat…

L’homme s’avance enfin, n’épargnant pas sa salive pour faire savoir que le duo est bel et bien coincé. Seulement sa phrase se perd dans le néant, car l’ennemi trébuche. Un bref coup d’œil apprend à l’Aeriens que c’est Cauraus qui est l’auteur de la chute. Mais l’heure n’est pas aux remerciements. Il faut s’en sortir, où tout cela n’aura servi à rien… Son sang ne fait qu’un tour, des dizaines de scénarios fusent. L’attaquer, s’enfuir, s’envoler… mourir. Et si elle laissait Cauraus derrière elle ? Cela serait tellement plus simple ! Un poids en moins, un obstacle pour son ennemi et, pour elle, la porte de sortie. Seulement une voix retentit dans sa tête. Une voix qui lui intime un ordre unique : non. Comment peux-tu faire ça ? Comment peux-tu oser ôter la vie ? Oh… Elle la fait tellement de fois. Ajouter un mort à son compteur ne changerait pas.
Pourtant… Tu as promis.

Serais-tu un monstre ? Bah, pourquoi pas après tout…
Malgré la difficulté engendrée, malgré le fardeau que la vie de Cauraus incombe, elle ne cède pas. Quand elle y repense, c’est la première fois. La première promesse de vie, et non celle de mort. Ce n’est pas comme avant… Oui, cette fois-là, c’est différent.
Son compagnon se relève, et la difficulté transperce de nouveau son corps. Il s’approche doucement d’elle. Les deux oiseaux font maintenant face au dragon. Cauraus lui glisse alors une stratégie à l’oreille. Primitive… Mais la seule qui semble les préserver tous les deux. Enfin, cela n’est même pas sûr. Car aussi vrai qu’elle, Arianne Delvanté, parviendrait sans problème à rejoindre son perchoirs, il n’en allait pas de même pour le guerrier aux cheveux de lunes. L’ambassadrice acquiesce, et se surprend à en éprouver de la difficulté. Il est tellement dur de se fier à quelqu’un.
Un mouvement, celui de l’homme qui la sauve, et elle s’élance en dehors de la rue. Son attention reste alors centrée sur Cauraus, sa contrainte. Car atteindre le palais est une chose. L’atteindre à deux en est une autre. Ses muscles se crispent. Elle court. Vive, elle entre comme dans un état second, poussée par l’adrénaline à la vitesse d’un oiseau de proie. Elle distingue alors son protégé lançant un projectile vers le Dracks. Mais elle ne s’attarde pas sur sa réussite ou son échec. Elle court toujours, haletante, sans ralentir, les yeux rivés sur le palais, mais son ouïe focalisée sur les pas et la respiration de Cauraus. Le pauvre se traine. Elle le sent dans son souffle, elle le sent dans ses bonds. Il ne reste plus beaucoup de temps avant qu’il expire. Vite, se dépêcher, ou son fardeau va mourir…

La joie éclaire alors son cœur- Tient c’est nouveau, tu as un cœur maintenant- alors qu’ils atteignent la rue principale. A une heure si tardive, il n’y a plus personne, mais ils peuvent apercevoir, au loin, des gardes qui patrouillent. Le palais surplombe sa vision de sa silhouette imposante. Dans les ténèbres du ciel semblant absorber toute luminosité, cette masse de pierre parait encore plus sombre. Aussi noir la nuit qu’il demeure immaculé le jour, il est l’allégorie même de la cité blanche, la face cachée de la lune en cette nuit glaciale. Le soulagement transcende Arianne. Mais il ne faut pas crier victoire. C’est toujours ainsi, sans crier gare, que le sort s’acharne sur ceux qui fuient.

Enfin, leur course s’achève. Trop près pour être pourchassée. Mais trop loin pour être sauvés. Arianne jette un regard vers leur ennemi. Elle le voit disparaître dans les ténèbres. Le combat n’est pas terminé. Mais il y a plus important. Comme si elle s’y attendait, elle avise sans surprise son coéquipier s’appuyer contre le mur. Il oscille, tel un funambule, entre la vie et la mort. Le reflet du monde est bien terne dans ses yeux vitreux. Malgré tout, il trouve encore la force de parler. Il trouve même la force de mentir, mais ses jambes rendent la vérité claire comme de l’eau de source. L’homme ne peut plus marcher seul, la gravité se fait trop forte. Les yeux de la jeune femme se dirigent alors vers son toit… sa prison. Passer par la porte d’entrée serait risqué, et contraire aux règles qu’on lui a imposé. En ce moment même, dans l’esprit des gardes et des serviteurs, Arianne Delvanté dort tranquillement dans sa demeure. Mais Cauraus n’était certainement pas en état de voler, et atteindre le passage secret serait tellement long. A l’idée de se trahir, un sentiment intense de rejet s’empare d’elle. Non, elle ne peut pas. Désobéir aux ordres est interdit. Une lutte intérieure s’empare alors d’elle. Le combat d’Arianne, la soumise, et d’Arianne, la sauveuse.  Ce dernier titre sonnait tellement faux. Pourtant, elle s’y accroche, comme un enfant à son nouveau jouet. Il luit d’une lumière nouvelle. Maintenant que celle qui l’avait tuée de l’intérieur était morte, elle s’étonne à prendre gout à cette nouvelle facette d’elle qu’elle ne connait pas. Mais y céder, c’est prendre le risque de désobéir, et d’avoir mal, très mal. Et tu ne veux plus avoir mal…

Ne trahissant rien, elle lâche le palais du regard et retourne chercher celui de Cauraus. Là, son combat prend fin. La sauveuse gagne. Car ce n’est plus un homme qui se trouve en face d’elle : c’est un fantôme. Presque mort, pâle et respirant la douleur et le trépas. Là, son refus de désobéir se transforme en une rage. Une rage de pousser quelqu’un à vivre. Son regard se durcit encore plus, impitoyable, et pourtant, au fond apitoyé. C’est comme si cette vision venait d’inhiber sa peur et sa lâcheté. Sans prévenir, elle s’agenouille, et avec précaution, elle prend le bras de Cauraus qu’elle hisse sur sa propre épaule. Puis elle passe son bras autour de sa taille, et force sur ses mollets afin de le remettre debout.


-« Encore un petit effort, nous y sommes presque. »

Toujours cette voix monocorde. Toujours cette absence d’espoir. Pauvre pion croyant pouvoir sauver, ne sauras-tu jamais ôter cette dureté de ta voix ?
L’homme est lourd, mais elle tient bon. La mâchoire serrée, elle redresse la tête vers le château noir et commence à marcher. Ils se rapprochent ainsi, lentement, avec difficulté, et son compagnon s’appuyant à moitié sur elle. Et enfin, ils arrivent à bon port. Contrairement à Cauraus, Arianne n’est pas surprise de leur destination, et l’est encore moins quand les quatre gardes postés à l’entrée se précipitent vers eux, pointant leur lance sous leur nez.

-« Halte-là ! Il est interdit de pénétrer l’enceinte du palais à cette heure !! »

Avec calme, l’ambassadrice retire alors son capuchon, son compagnon toujours appuyé sur elle. Le visage des hommes en armures trahit aussitôt une immense surprise.

-« M-madame ! J-Je ne vous avez pas reconnue ! Mais que faites-vous ic…

-Cet homme est blessé, le coupe-t-elle, menez-le voir les médecins sur le champ. S’il meurt, je vous en tiendrais pour responsables. »

Toujours aussi froide… Toujours aussi  glaciale… Ses hommes la débarrassent de son fardeau. Il lui faut maintenant rejoindre les sénateurs, car sa mission est terminée. Sans attendre, elle entre, les lourdes portes ayant été ouvertes par les gardes. Sans jeter un regard ni à son protégé, ni à son subordonné, elle s’engagea dans un couloir, opposé à celui que devraient bientôt emprunter le groupe. Mais en chemin, elle s’arrêta, et préféra mettre un point au clair, sans se retourner.

-Ne parlez de cette entrevue à personne si vous ne voulez pas vous voir retirés de vos fonctions…

Puis sur ces mots, elle disparait dans les ténèbres du château qu’elle connaissait par cœur…

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Mar 23 Déc - 10:58

Le Néant. Le Vide. Quoique, pas seulement, de la lumière blanche apparaît. C'est fini ? Cauraus a-t-il expiré ? La douleur a disparue, le néant également. Il est là, debout et insensible. Tout est pureté autour de lui. Le doute, la peur, l'adrénaline, tout a été retiré. Son armure brille de milles éclats argentés, ses cheveux ont retrouvés leurs blancheurs. Toute la crasse sur son visage a disparue. Ses yeux azurés s'ouvrent et observent le décor qui s'ouvre à lui. Il n'y a pas de paysage, pas encore. On dirait de la neige, la même qui tombent sur ses montagnes natales. Il neige mais il n'y a pas de vent, ni de froid ni de glace. Le sol devient dallé et des colonnes montrent un chemin vers un havre de paix. L'Aerien ne comprend pas se qu'il se passe. Est-il mort ? Possible. Il se retourne et le décors change instantanément. Désormais tout est vert, un immense jardin fleurie. Est-ce un rêve ? Il se retourne de nouveau et remarque que les colonnes et ce fameux chemin sont restés. Ils sont juste recouvert de verdure. Dévoré par la curiosité, le jeune Aerien se retourne encore une fois. Le paysage change encore. Cette fois le jardin est entouré de muraille, il se retrouve dans un immense château dans les cieux. Des étoiles brillent dans le ciel, plus bas, dans les étages inférieurs se trouve un marché où la vie bat son plein. De son côté, il est seul. Il porte une couronne, royale probablement. Enfin ! Il est roi...mais solitaire. Pas de garde ou de noble, pas de suite, pas d'épouse ni d'enfant, juste lui avec une couronne et une armure royale. Pas de crainte de la part de Cauraus, tout est paisible et vide. Il se retourna pour contempler le château qui disparu aussitôt. Ce qui apparaît c'est le château de la meneuse des Aeriens. Il est revenu où il était avant de s'évanouir. Cependant il est seul, où est sa bienfaitrice ? Il se retourne mais rien de se passe. Il y a toujours les colonnes menant vers un havre de paix d'un côté. En revanche une porte se trouve de l'autre côté, elle s’entrouvre légèrement et se referme à un intervalle régulié. Le vent. Cauraus se souvient de ses promesses, de ses proches. Il pourrait choisir le côté paisible et mystérieux et les abandonner...ou retenter sa chance dans un lieu plus dur mais où il trouvera de la vie et de l'amour. Peut être qu'ils sont présent de l'autre côté, peut être est-ce juste un chemin. Cauraus se tourna vers ce chemin et commença à marcher. Plus il avançait plus il se sentait léger et s'élever. Soudain, un malaise. Comme une peur qui le paralyse. Il n'est pas prêt, il ne veut pas savoir où mène ce chemin.


Il recule en tremblant. Il ne veut pas se retourner, lentement il se rapproche de la porte. Plus il s'éloigne de ce sentier plus la peur s'éloigne. Ses cheveux commencent légèrement à voler à cause d'un vent chaud. Il traverse la porte en reculant et tout redevient néant quelques instants. La chaleur d'une cheminée se fait sentir, l'odeur du bois apparaît. Un bruit se fait entendre. Une sensation douce l'entoure, une sensation qui date de nombreuses années. De la soie. Un sentiment de bien être se manifeste. Ses mains touchent la soie délicate mais ne sentent plus la présence du vent. Le froid a disparut ainsi que la douleur. Lentement ses yeux s'ouvrent et découvrent un abris hors du commun. En effet, le maître des lieux doit être riche ou très important. Malgré le confort et tous les soins qu'on a pu lui admettre, Cauraus se sent très fatigué, il a tout juste la force de bouger ses bras. Son retour vers le monde des vivants l'a totalement déboussolé. Ses yeux parcourent la pièce. Elle est éclairée par un grand feu et quelques bougies. La lumière éblouie les yeux du guerrier encore peu réveillé. La chambre est faite de pierre tapissée de bannière de grande qualité. Les bannières ressemblent aux symboles du palais et de la puissance des Aerien. Est-il vraiment dans le refuge de sa bienfaitrice ? Le lieu semble trop officiel pour appartenir à une simple chasseresse. Sois il s'agit en réalité d'une personne importante sois c'est une maîtresse du crime. Qu'importe, en la suivant Cauraus connaissait les risques ! Le guerrier se demande combien de jour il est dans cet état. Il tourne la tête vers la fenêtre, il doit être encore tôt, le soleil n'éclaire pas encore la pièce. Étant épuisé, l'Aerien ferme les yeux et s'endort.


Quelques heures plus tard le soleil bat son plein. Il doit être dix heure du matin et Cauraus se trouve dans le même endroit. Ce n'est donc pas un rêve. Son esprit est moins embrouillé, ses yeux ne lui font plus mal et sa fatigue s'est presque dissipée. Il remarque enfin qu'il est vêtu d'un accoutrement blanc adapté au sommeil. Son armure a été lavée, réparée et placée plus loin sur un mannequin approprié. Bien que la douleur se fait discrète, ce n'est pas le cas de la faim. Sur la commode près du lit luxueux se trouve un pichet d'eau ainsi qu'un verre en argent. Sans attente, il se rua dessus. L'eau était fraîche et délicieuse. Cependant il ne savait toujours pas où il était et qui est le maître des lieux. La porte s'ouvrit lentement, une jeune servante entra avec un plateau dans les mains. Cauraus, observe avec avidité ce qui est sur le plateau au lieu de la personne en question. En effet, il y avait un nectar ainsi que du pain. Sous cette vision il sourit et en oublie presque la modestie.


- Bonjour, je vois que vous êtes réveillé. Vous semblez être en pleine forme et affamé. Voici pour vous, surtout reposez vous. Si vous avez besoin de quoique ce soit nous sommes là.


– Bonjour, dit-il chaleureusement, en effet c'est le cas. Ma blessure va beaucoup mieux, la douleur est bien plus discrète et..., il prend le plateau, merci beaucoup. En tous cas vous seriez bien aimable et d'une grande aide si vous me disiez où je suis.


- Oh, mais vous êtes dans le palais de la cité. Vous ne vous en souvenez pas ?


Vu le regard Cauraus, non, il ne s'en souviens pas et il croit difficilement à cette éventualité.


– Le...le palais ? La meneuse à vraiment voulu de moi et de ma bienfaitrice ?


- Mais c'est elle qui vous a amenez ici ! Sinon, de quelle bienfaitrice parlez vous ?


– Il n'est pas censé avoir quelqu'un d'autres avec moi ? Demanda-t-il en commençant à boire un autre verre d'eau.


- Non, juste vous et la meneuse...excusez moi, je ne voudrais pas être indiscrète. Vous...vous n'êtes pas son amant quand même ?


Cauraus faillit s'étrangler en entendant une pareille question. Bien qu'il aurait aimé dire oui mais il ressent rien qui ressemble de prêt ou de loin à de l'amour pour sa bienfaitrice...qui est réalité la Meneuse. En y pensant, il se sent mal mal à l'aise. La façon qu'il s'est comporté avec elle et...le moment où les gardes sont passés durant la fuite. Tout ceci n'avait rien de noble, son apogée dans la société n'est pas aussi lumineuse que dans ses rêves.


– Non !! Je ne savais même pas que c'était la Meneuse ! Il ne s'est rien passé entre nous et il va dans votre intérêt de me croire ! Il se calma et reprit. Excusez mon emportement, veuillez me laisser seul s'il vous plaît.


La jeune femme salua et s’exécuta aussitôt, un peu gênée. Ainsi donc c'est la Meneuse qui l'a sauvé. Cela dépasse l'entendement. Pourquoi se cachait-t-elle ? Qui était ce Drack ? Cauraus n'en savait rien. Il devrait renoncer à cette affaire mais il a désormais une trop grande part dans cette histoire. Vu l'importance de la concernée, son affaire doit être de sa taille. Cauraus n'est pas formé pour les batailles politiques. De plus on a tenté de les tués, l'affaire doit être secrète et d'une très grande importance. Une trop grande importance pour le simple mercenaire qu'il est. Il pourrait s'enfuir mais la Meneuse le retrouvera et le réprimandera. Cela reste la meilleur option car si ce n'est pas elle, c'est le Drack qui le fera et il sera beaucoup moins clément. Au mieux il lui laissera quelques minutes, le temps de dire ses dernières volontés. De plus il a promis qu'il l'a suivrai quoiqu'il advienne. Que faire ? Il faut qu'il l'a voit ! Il faut qu'il en sache plus sur cette affaire. Les sénateurs sont ils au courant de cette affaire et de l'existence même de Cauraus ? Pour le moment il y a plus important. En effet son estomac grogne depuis déjà trop longtemps. Il prend son assiette et commence de manger avant de se demander.


– Qu'est-ce qu'elle a pu faire quand j'étais inconscient pour que cette servante croit que je suis son amant ?


Mieux vaut ne pas s'attarder à ce genre de question. De toute façon, ce qui est fait est fait. Rapidement, Cauraus fini son assiette et s'allongea. Il semblait ailleurs et sa respiration était posée. Le plus dur est derrière mais ce qui reste devant lui semble effrayant. Il ne sait pas ce qui se passera demain, dans un mois, dans des années. Les problèmes dont il fait face ont changés d'échelle car il a changé de niveau social. Il est dans les hautes fonctions bien que cela ne soit pas officiel, son objectif principal est atteint. C'est un honneur pour lui de servir son peuple. Après cette mésaventure, il pourra se poser, devenir même sénateur si il le souhaite. Mais en a-t-il réellement besoin ? La fatigue revient et l'envahie progressivement et l'Aerien s'endort. En effet, se reposer semble plus judicieux que de faire le point sur sa vie. Cependant son esprit est encore agité. Il s'est passé beaucoup de chose en quelques heures. Bien qu'endormi, il songe encore au moment où lui et sa bienfaitrice furent...proche durant la fuite lorsque les gardes passaient.

Cette image le réveilla brutalement. Cauraus, le cœur emballé et l’œil vif, regarde la fenêtre. Il faisait noir, la nuit s'était déjà bien installée. Difficilement l'Aerien reprend ses esprits et se lève. Il se sentait déjà honteux pour avoir osé « la prendre dans ses bras », il avait fallu que ce sois la meneuse. De plus qu'il a senti un petit plaisir coupable. Le guerrier se posta devant la fenêtre, la ville était calme et silencieuse. Il s'accouda sur l'armoire proche, tout en continuant à observer la cité. Sa tête cogna contre le solide bois de l'armoire, de petite larme coulèrent sur ses joues. D'un geste de la main, il les essuya mais elles continuèrent de couler, de plus en plus nombreuse. Cauraus grimaça, il n'aime pas être ainsi surtout quand il ignore la véritable raison. Il s'allonge sur le lit avant de soupirer. Arrivera-t-il à dormir ? Probablement pas. Il a beau fermer les yeux, le sommeil ne vient pas. Il y a toujours cette honte et cette peur de l'avenir. Que fera-t-il dans six mois ? Dans un an ? Il ne voit que le vide, le néant, comme si il était mort. Peut être a-t-il trop vécu ? Ces questions sans réponse continuent à hanter son esprit. Non ! il ne pouvait pas s'arrêter de vivre ! Une fois de plus il se rendit compte que derrière ce masque de véritable forteresse humaine, se cache en réalité un être sensible et peureux. A cause de ça, il n'en dormit pas pendant des heures, il ne cessa de chercher à comprendre. Il chercha, jusqu'à que le soleil illumine ses yeux encore somnolents. Il a du s'endormir il y a quelques minutes néanmoins il sait qu'il doit voir la Meneuse et rapidement. Il se lève donc pour enfiler son armure. Cauraus ressent la sensation de se sentir protégé dans une armure de fer, il sait qu'il va en avoir besoin. En quelques minutes il était paré. Il avança et prit fermement la poignée de la porte avant de sortir, enfin, de cette chambre. Il se retrouve face à un immense couloir dont la tapisserie était raffinée. Le guerrier choisit d'aller dans l'aile droite du palais, des bruits de pas se faisaient entendre, c'était la jeune servante de la veille.


- Oh, vous êtes levé ? Je suis désolée pour hier.


– Ce n'est rien ! Je dois absolument voir la Meneuse, tout de suite !


- Elle est occupée mais je pense qu'elle fera exception pour vous, suivez moi, je vais vous conduire à elle.


Cauraus s'exécuta en espérant que contrairement à lui, la Meneuse aurait bien dormi. Lui et la servante se dirigent vers une grande porte gardée par deux soldats bien équipés. Ils portaient une armure lourde et une grande lance ainsi qu'un bouclier gigantesque. Ils étaient capable de créer une phalange dans le couloir à eux deux. Pendant ce temps, la servante frappa à la porte et entra. Quelques instants plus tard, elle fit signe à Cauraus d'entrer dans une bien gigantesque où se tenait la Meneuse, immédiatement il s'agenouille devant elle et baissa la tête, il ne prit même pas le temps d'observer la pièce.

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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Jeu 8 Jan - 0:08









♦ La chasseresse et la reine ♦





- Madame ? Désirez-vous un peu de vin ?

Se réveillant d’une longue songerie, l’ambassadrice se voit revenir à la réalité, son esprit happé par cet appel. La main élégamment appuyée sur son menton, accoudée à la fenêtre à côté de laquelle elle s’est assise, elle se résigne à quitter sa cité des yeux. Ses prunelles gris se posent alors sur la source de la voix qui l'a sortie de sa propre tête. Le visage aux traits anguleux affiche alors un sourire hautain. Elle peut distinguer quelques brins argentés, dans sa chevelure de jais. Ses yeux dorés et sournois croisent alors les siens. Ne te détourne pas. Il est vrai que plonger son regard dans celui de cet homme n’est pas aisé, mais il est tellement plus difficile de croiser celui de la sorcière. Arianne remarque alors la coupe d’argent que l’homme tient dans sa main, une carafe de  vin finement ornée dans l’autre.

- Non merci, Sénateur Eddings… Je n’ai pas soif.

Le même rictus coincé sur ses lèvres, l’homme repose la carafe. Il engage enfin la conversation, celle pour laquelle Arianne est venue si tôt dans ses quartiers.

- Je suis heureux de vous revoir en vie Madame Delvanté ! J’espère que vous avez mené votre mission à bien…

Rien, dans ses mots, n’a la sonorité du vrai. Il ment, il n’est pas heureux. Il est arrangé. Après tout un pion peut s’avérer précieux quand il est haut placé. Un souvenir jaillit alors dans la mémoire de la jeune fille, un souvenir récent. Celui d’une femme et d’un homme blessé fuyant dans la rue. C’est vrai…. La mission.
Il était tard, quand les deux jeunes gens ont atteints le palais. Si tard que le Sénateur Eddings, celui-là même qui avait planifié la mission, ce même Sénateur qui contrôlait tout,  était déjà au pays des songes. Car même les monstres rêvent. Arianne en est la preuve vivante. Elle rêve aussi…
Les servantes s’occupèrent de ses blessures, et eurent à peine le temps de la dévêtir qu’elle était déjà loin, dans un monde où malgré les cauchemars, tout semblait bien plus beau que la réalité. Au petit matin, tôt, des servantes vinrent la chercher, et l’apprêtèrent. Elle n’avait alors plus rien de la négociante, ni de la chasseresse. Voilà qu’elle était princesse, maintenant. Et c’est ainsi qu’elle était venue dans les quartiers même de celui qui maniait les rennes, afin de faire son rapport.


- Désolée de vous décevoir, mais ce n’est pas le cas. Le Dracks était au courant. Il a envoyé des hommes pour me tuer.

Le visage vieillis et pourtant agréable du sénateur trahis une surprise modéré, peut-être même feinte, et il prend de nouveau une gorgée de vin.

- C’est regrettable… Mais cela expliquerait pourquoi il a demandé à ce que vous veniez seule… Néanmoins ses sbires ne devaient pas être très dégourdies pour que vous vous en sortiez indemne.

Nouveau sourire, d’apparence plus chaleureuse, d’essence plus narquoise. La jeune fille reste silencieuse. Si elle s’en était sortie, c’est aussi parce que quelqu’un était avec elle au moment des faits. Mais elle tient sa langue.  Elle connait le Renard. Sournois, tout comme la dame en noire. Il est méticuleux, soigneux. Assez, du moins, pour qu’il n’y ait pas de témoins. Si quelqu’un a accompagné l’ambassadrice, et qu’il en a trop vu, alors ce quelqu’un disparaîtra pour ne devenir personne. De plus, lui dévoiler une telle information, ce serait dévoiler une faille. Car tout ce qui est lié à Arianne est une faille, un moyen de lui faire mal. Dévoiler ce point faible à l’homme qui la garde prisonnière, c’est risquer de souffrir. C’est pour cela qu’Arianne n’a aucune attache… Elle ne compte d’ailleurs pas se mettre à en avoir aujourd’hui. Quand l’homme sera soigné, il partira d’ici. Elle ne veut rencontrer personne, elle ne veut connaitre personne. S’attacher fait mal… C’est l’apanage des faibles. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’attacher.

- Je n’ai pas réussi à le tuer, déclara-t-elle.

Avec sa théâtralité bien connue, le Sénateur hocha la tête en signe de compréhension, le visage plus grave, mais restant néanmoins léger. Il caressa alors doucement sa barbe, le regard momentanément perdu dans le vague.


- Je vois… une affiche le déclarant comme ennemi public numéro un, et un pigeon voyageur envoyé aux Dracks feront l’affaire je pense. Ces sauvages attendent depuis trop longtemps de mettre la main sur cet homme… De plus, qui sait s’ils ne nous récompenserons pas grassement d’avoir localisé leur ennemi. Cela fera peut-être un peu de bien entre nos deux peuples, après un temps, il adresse de nouveau un sourire à Arianne, vous pouvez disposer Madame. Allez vaquer à vos quotidiennes occupations, en espérant que vous vous y réussirez mieux qu’hier soir.

Le ton mielleux en aurait piqué au vif plus d’un, mais la concernée reste stoïque. C’est tellement peu, tellement peu face au reste. Après une révérence machinale, elle s’en va. Ainsi, elle redevient ambassadrice. Celle qui écoute les doléances, qui est censé établir des décisions politiques. Celle qui rencontre des étrangers venus commercer, des habitants de la cité désirant lui faire des cadeaux. Et toutes ces tâches s’exécuteront sans sourire, sans aucune chaleur dans la voix. Il n’y aura que le rôle, la machine à faire tourner la cité. Il n’y aura que la poupée…
Il n’y a toujours eu que la poupée…

Il y a tellement de travail. De nombreux habitants se sentent en insécurité depuis que, la nuit dernière, trois meurtres aient été déclarés. Le Dracks, sans aucun doute. Elle leur annonce qu’elle réquisitionne une partie de la garde pour enquêter sur cette affaire, bien qu’elle ait déjà une idée du coupable. Elle se déplace aussi, voir la famille des victimes. Après tout, il faut donner une bonne image…
L’image, il n’y a que l’image… Rien d’autre.

Une journée s’écoule, une deuxième commence
Eveillée, elle ne sort néanmoins pas de son lit. Elle repense alors à l’homme qu’elle a sauvé. Comment s’appelait-il déjà ? Cauraus… Oui, il s’appelait Cauraus. Le feu crépite dans sa cheminé. Cauraus… est-il encore en vie ? Normalement oui. Personne ne l’a averti de son décès. Il doit être guéri, à l’heure qu’il est… Que va-t-elle faire, maintenant ? L’idéal serait qu’elle aille le voir, pour lui demander de partir… mais quand ? Elle compte bien cacher l’existence de cet homme à Eddings. Non pas quel éprouve une once de pitié pour lui, non, elle n’éprouve rien pour personne. Mais elle ne voudrait pas l’avoir sauvé pour rien… Pourquoi l’as-tu sauvé d’ailleurs ?
Tu ne sais pas… Tu ne sauras jamais de toute façon…
La dame se lève, on la prépare. Elle passe de longues minutes dans son bain de lait d’ânesse, alors qu’elle réfléchit à la situation. Il est tellement compliqué de se défaire des gens que l’on rencontre… Surtout quand ils vous sauvent la vie. Mais il faut qu’elle le chasse de ses pensées, car le devoir l’attend ailleurs.

Toujours aussi stoïque, elle se lève de son bain, laissant ses suivantes la sécher avec douceur. Ces dernières l’aident à enfiler ses dessous, puis une magnifique robe rouge. Soyeuse et brillante, elle dénude ses épaule, et ses manches forment une large étoffe tombant jusqu’au sol, ne dévoilant sa peau qu’à partir des avant-bras. Extrêmement serrée à la taille, recouverte au niveau des hanches par une magnifique ceinture d’or ouvragée, elle cache entièrement ses jambes, sa forme s’élargissant à mesure qu’elle se rapproche de la terre. Luisant de milles-feux, un collier doré lui enserre le cou. Aujourd’hui, ses cheveux sont détachés, deux mèches longues et lisses tombant devant elle, terminés par des bijoux scintillants. Derrière elle, sa chevelure d’un noir absolue tombe jusqu’au milieu de ses cuisses… Ils sont devenus tellement longs. Enfin, une de ses servantes la maquille. Tout se déroule en silence, comme d’habitude. De toute façon, Arianne refuse de leur parler. C’est toujours la même rengaine… Pas d’attaches…
C’est bon, elle est apprêtée. Sans surprise, elle jette un coup d’œil au miroir : ses lèvres sont écarlates, comme gorgées de sang. Encore plus rouge que ses apprêts… Encore plus sombre. Ses yeux sont recouvert d’un traits noir net et sans bavures. Te voilà à nouveau reine…. Cela n’a rien d’étonnant. Les poupées ne sont-elles pas censées être belles ?
Maintenant lâche ce miroir du regard et fais ton devoir.

Et Arianne fait son devoir. La journée s’écoule comme la précédente, celle d’avant, et comme toutes à vrai dire. Mais le travail a du bon, car elle ne pense pas à cet homme qu’inconsciemment, elle redoute de voir. Seulement la fin de la journée arrive à une allure folle, et vient alors le moment de faire ce qu’elle désire. Sauf qu’elle ne désire rien. Elle ne désire plus. Sans même songer à aller voir son « protégé », elle monte les escaliers accompagnée de ses gardes. Au final, elle est toujours accompagnée. Toujours entourée… et pourtant si seule. Elle finit par arriver dans sa chambre. La journée n’est pas terminée, et ce qu’elle redoute chaque jour revient la hanter. Elle est seule, seule face à elle-même. Elle peut s’occuper comme elle veut, mais elle ne sait pas. Elle ne sent pas. Elle ne sent rien. Elle n’a pas le goût des livres. Cela sonne tellement faux, et il est si dangereux de développer son imaginaire. En le nourrissant, on n’est plus docile. On ne sert plus à rien. Et Arianne veut servir à quelque chose. L’imagination, de toute façon, n’est que pour les faibles. Ce n’est que pour ceux qui sont incapables de prendre le contrôle de leur vie, et qui rêve leur existence à travers la fiction.

Seulement elle est là, seule, face à ce vide qui la rattrape chaque jour un peu plus. Alors elle fait comme d’habitude. Elle se sert un verre de vin. Le vin la détend, quand elle n’en prend pas trop. Et puis, c’est un des plaisirs qu’elle a appris à apprécier, en tant qu’ambassadrice. Comme chaque jour où elle n’a rien à faire, elle s’allonge dans son canapé. Confortablement installée sur le côté, faisant tourner machinalement la coupe entre ses doigts fins, elle porte alors son regard sur la cité, à travers la fenêtre. Puis c’est le vide, la contemplation. Ce n’est pas désagréable, au fond, de ne penser à rien. De toute façon, si elle pensait, elle ne se sentirait pas bien. Penser est tellement compliqué. C’était se mettre face à la réalité, face à cette vérité qui cri : « Ta vie ne vaut rien ! Elle n’a aucun sens ! Tu es une femme inutile et lâche ! Tu ne mériterais que la mort!! »
Soudain, on frappe à la porte. Le contrôle dont elle s’est elle-même imprégnée l’empêche de sursauter, mais son cœur fait tout de même un bond. Être arracher à sa contemplation, c’est comme se faire réveiller brutalement. C’est désagréable. Tout comme la réalité.


- Madame, déclare la jeune fille qui venait d’entrer, on désire vous parler.

Les prunelles argentées d’Arianne se portent sur la jeune fille. Elle tremble. Tu lui fais peur. Et c’est bien normal. Reine des glaces, tu as beau être magnifique, tu restes monstrueuse.

- Si ce n’est pas le Sénateur Eddings alors ce n’est pas la peine. Je ne reçois pas de visites à cette heure et j’ai terminé les doléances.

Arianne ressent une pointe d’agacement à l’idée d’être dérangée. On l’a arrachée à sa plénitude, voilà qu’elle est maintenant assaillie de tous ses doutes et ses propres démons. Ne pourra-t-on jamais la laisser en paix ?

- C’est l’homme blessé que vous avez ramené au château, Madame. Il demande à vous voir…

La surprise, bien qu’impalpable, s’empare d’elle. Cauraus, elle l’a complétement oublié. Tout de même, si les gardes laissent passer ainsi quiconque désire entrer, elle pourrait bien se retrouver morte plus tôt que prévu. Il faudrait qu’elle leur en touche un mot. Pour l’heure, elle est tiraillée. Tiraillée entre son désir d’être tranquille et de fuir cet imprévu, et son envie d’en finir. Maintenant qu’elle y pense, c’est la première fois qu’elle prend des décisions de son propre chef, et cela lui fait peur. Pourquoi. Cela, elle ne le sait pas. L’inconnu, et le fait qu’elle a toujours été pion, peut-être. Elle n’a jamais joué. Elle ne veut pas jouer. Sauf que ce qui est fait est fait, et il vaut mieux se débarrasser des problèmes. Ainsi tu continueras à servir, sans jamais rien demander, sans jamais rien espérer.

- Faites le entrer, et surtout, ne parlez de lui à personne.

Avant que la jeune fille de sorte, l’ambassadrice se redresse, et s’assoit, déposant sa coupe sur une table à côté d’elle. Après tout, il n’est pas vraiment correcte de se présentée allongée devant qui que ce soit. De son regard implacable, clair et perçant, elle avise le guerrier arriver et s’agenouiller devant elle. Elle chasse alors la jeune fille d’un geste sec, sans un remerciement. Docile, cette dernière s’exécute après une révérence. Les voilà maintenant seuls.

-Vous pouvez vous relever Cauraus. Il ne me semble pas que vous aillez montré le même égard envers moi la dernière fois que nous nous sommes vus, alors épargnez moi donc les politesses.

Toujours aussi froide, elle se relève avec prestance. Il est clair que pour lui, elle ne doit plus être la même femme. Aussi décide-t-elle ne faire comme s’il en était ainsi. De toute façon, entre la négociante chasseresse et l’ambassadrice des Aeriens, il n’y avait pas une grande différence au fond. Toujours la même froideur, toujours ce mur de glace. La simple différence était que l’une a sauvé un homme, et que l’autre veut s’en débarrasser.

- Pardonnez-moi d’avoir dissimulé mon identité, mais pour des raisons politiques je me devais de garder l’anonymat, annonça-t-elle sur un ton toujours aussi dur, aussi je pense que les véritables présentations sont de mises, maintenant que vous savez qui je suis. Je me nomme Arianne Delvanté, petit fille de Lyrianna Delvanté et actuelle ambassadrice des Aeriens. J’espère que vous vous êtes remis de vos blessures.

Bien sûr, aucune inquiétude, aucune véritable espérance ne trahis sa voix. Elle pose cette question par convention. De toute façon, elle est incapable d’éprouver de la compassion… Du moins, c’est ce dont elle est intimement convaincue…




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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Lun 26 Jan - 20:08

Seul face à celle qui le sauva. Enfin il allait avoir les explications tant désirées. Il n'attend que l'ordre de se relever.

-Vous pouvez vous relever Cauraus. Il ne me semble pas que vous aillez montré le même égard envers moi la dernière fois que nous nous sommes vus, alors épargnez moi donc les politesses.

Quelle froideur. Lyrianna paraissait moins autoritaire dans les livres et les histoires. Néanmoins elle avait raison, il n'a pas fait preuve de respect, il fut même exécrable envers elle. Il a été agressif et bien trop près d'elle même pendant quelques instants. Peut être lui rend elle juste la monnaie. Cauraus se releva et leva la tête, il avait en face de lui non une chasseresse mais une véritable Meneuse. Elle est vêtue d'une robe rouge serrée laissant apparaître ses courbes. C'est une dame très séduisante, le guerrier enleva immédiatement cette pensée, il n'était pas là pour ça. Elle l'aida en reprenant :

- Pardonnez-moi d’avoir dissimulée mon identité, mais pour des raisons politiques je me devais de garder l’anonymat, annonça-t-elle sur un ton toujours aussi dur,aussi je pense que les véritables présentations sont de mises, maintenant que vous savez qui je suis. Je me nomme Arianne Delvanté, petit fille de Lyrianna Delvanté et actuelle ambassadrice des Aeriens. J’espère que vous vous êtes remis de vos blessures.

En effet, la dernière fois elle n'était pas sa Meneuse pensa Cauraus.

– La politesse n'est qu'un moyen d'expier mes mauvaises action, il se retint de grimacer en pensant à la scène où les distances qui les séparèrent ne furent pas respectée, de plus vous n'avez rien à pardonner. Qui suis-je pour avoir de la rancune envers mon hôte qui me sauva et qui n'est qu'autre que ma Meneuse à qui j'ai juré allégence ? Mes blessures vont mieux, je vous remercie... J'aspire être franc avec vous et qu'en retour vous m'expliquez l'histoire dans laquelle je suis. Vous savez depuis mon adolescence on ne m'a dit que du bien de Lyrianna, aujourd'hui, je remarque que ce n'était que des mensonges. Néanmoins, comme disent les gens dans la rue, vous êtes en effet une personne froide, vous devez terriblement souffrir de votre position d'ambassadrice. Comme promis, je vous offre ma vie et ma lame, je ferais en sorte que votre existence paraisse plus douce.

Après un discours inhabituel pour sa part, Cauraus salua sa supérieur. Il se demande encore pourquoi il sortie des paroles aussi dure. Son discours mêlait provocation, félicitation, admiration et sacrifice laissant une possible réponse difficile. Il souhaite se retirer mais sa bienveillante ne lui a pas donnée son autorisation. De toute façon il avait besoin de réponse et c'était l'occasion de voir sa réaction face à un tel affront, il ne peut qu'espérer que sa franchise amortisse la chute. Quelques secondes passèrent laissant un silence évident. Il reprit :  

– Ce silence...dois-je comprendre que vous me demandez d'abord ce que je sais ? Il soupira avant de prendre une grande bouffée d'air, hier encore je croyais à Lyrianna, aujourd'hui elle fait partie de mon passé. Ce nom semble vous faire trembler. Est-ce de peur ou de rage, je ne le sais pas. Cela vous trouble, de façon subtile mais cela vous trouble. J'ignore si sa disparition est lié au Drack qu'on a du fuir. Vous savez, je vous admire, malgré les circonstances, les devoirs qui vous attendent vous restez de marbre, la preuve vous ne dites rien. Face à l'affliction et aux erreurs de ma vie je n'ai pas su gardé mon sang froid. En revanche, je me demande si cela est une bonne chose...se cacher derrière un masque. Au fond, nous sommes pareil, il marqua un temps de pose, je ne sais rien de vous mais vous avez fini comme moi. A vrai dire, je ne sais pas vraiment qui je suis et ce que je suis. Quand on est dans ce cas il est difficile de choisir sa voie.

Qui est-il ? Un criminel qui a assassiné des innocents ou un chevalier au service de son royaume ? Le masque cachant ses pensées, déjà fragilisé, commence à tombé. Le visage de Cauraus reflète le questionnement, il pense qu'il est plutôt le premier cas. Arianne continua de le fixer en restant de marbre. Il doit être digne et refouler ses pensées pour être le plus efficace possible.

– Par ailleurs vous ne répondez pas. Avant, j'étais un enfant rêveur, j'ai fini par me perdre dans mes rêves. J'ai travaillé dur pour devenir ce que je suis, hélas les arènes m'ont brisé. J'ai du tué des innocents pour survivre, pour m'évader j'ai du en tué plus que prévue. C'est la raison de ma blessure, vous avez du entendre parler de cette affaire de charnier récemment. Sans doute, sans vous, à l'heure qu'il est, je devrais être mort. Je vous remercie de votre geste, il s'inclina quelques instants, j'espère par le biais de votre affaire trouver enfin ma place. Voilà mon histoire, peut être a-t-elle des similitudes avec la votre qui font en sorte que nous finissons pareil à nos âges respectifs.

Arianne ne dit rien, elle écoute, elle refuse de baisser le masque. Est-il possible d'être aussi renfermée sur soi ? Le cœur de Cauraus s'emballe, on dirait une véritable bataille politique. Est-t-elle en train de le tester ? Il ne devait pas lâcher, son côté machiste lui dit qu'il ne pas perdre la face. Une voix intérieur lui dit de tout arrêter, de s'enfuir tandis qu'une autre lui dit de rester et d'aider Arianne. La première option semble la plus prudente mais la seconde est la plus honorable. Aveuglé par la séduction d'Arianne, il opte pour le premier choix. Pour l'instant il n'a que résumé sa vie, il doit désormais dévoiler son opinion sur l'affaire actuelle.

– Voilà qui clos mon passé, il sourit avant de reprendre, d'après mes connaissances sur l'affaire actuelle je déduis que nous avons un créancier ou une dette financière envers ce Drack, je le suppose car il en a parler. Ce dernier semble vous connaître personnellement mais il ne représente pas son peuple car il a tenter de vous tuer. Pour ce qui est de la petite attaque je pense que ce n'est qu'un acte crapuleux. Néanmoins pourquoi avons nous besoin d'or ? Vous vous cachiez donc l'affaire doit être secrète. Qui était-ce Drack ? Pourquoi voulait-il nous tuer ?

Cauraus n'avait plus rien à dire désormais, il lui fallait que des réponses. Son air redevient impassible. Ce n'est pas le cas pour celui de la Meneuse, elle s'apprête à répondre. Le regard de Cauraus trahie cependant une curiosité certaine. Qu'allait-elle répondre ?

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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Dim 1 Mar - 15:47









♦ Entre vérité et masques ♦





– La politesse n'est qu'un moyen d'expier mes mauvaises actions,  de plus vous n'avez rien à pardonner. Qui suis-je pour avoir de la rancune envers mon hôte qui me sauva et qui n'est qu'autre que ma Meneuse à qui j'ai juré allégeance ? Mes blessures vont mieux, je vous remercie... J'aspire être franc avec vous et qu'en retour vous m'expliquez l'histoire dans laquelle je suis. Vous savez depuis mon adolescence on ne m'a dit que du bien de Lyrianna, aujourd'hui, je remarque que ce n'était que des mensonges. Néanmoins, comme disent les gens dans la rue, vous êtes en effet une personne froide, vous devez terriblement souffrir de votre position d'ambassadrice. Comme promis, je vous offre ma vie et ma lame, je ferais en sorte que votre existence paraisse plus douce.

Mauvaises actions ? Ainsi Cauraus avait-il fait quelque chose de mal ? Nul moyen de le savoir, du moins, pour le moment. La dame reste droite, l’écoutant avec attention, sans l’interrompre. Aucune émotion ne vient perturber son visage de marbre. Pourtant, la statue figée écoute. Pis, elle ressent. Elle ressent la curiosité, celle de connaître les péchés de l’homme. Il semble pourtant vertueux. Serait-il de ces bonnes gens dont le passé fut éclaboussé par le sang et qui servent maintenant la justice pour leur propre repentir ? Elle ressent la perplexité aussi. Que l’on dise le plus grand bien de Lyrianna n’était pas nouveau. Elle avait toujours su faire preuve d’un charisme dont Arianne n’est pas dotée. Bienveillance feinte, séduction intéressée.  Si seulement « les gens dans la rue » savaient. Si seulement ils savaient ce qui se cachait derrière le masque de Lyrianna Delvanté. Il n’y avait ni amour, ni compassion. Juste la folie d’un être que le pouvoir a corrompu et qui se voulait maître de chaque pantin. Elle, Arianne, attire moins la sympathie. Elle impose plus le respect. Le respect, et peut-être la peur. Mensonge, comme ça grand-mère. Son masque a beau être l’opposé de celui de son ainée, c’est tout de même un masque. Les uniques différences résident finalement en leur aspect, et surtout, ce qui se dissimule derrière. Car aussi vrai que l’ancienne ambassadrice était mauvaise, il avait aussi une vérité derrière le rôle d’Arianne. Une vérité que peu connaissaient, et infiniment plus effrayant.
Rien, il n’y avait rien derrière le masque. Un dessin grossièrement gommé. Un néant.

Mais Cauraus avait fait remarquer que le cas de Lyrianna n’était que mensonge. Comment ? Comment savait-il cela ? La véritable personnalité de l’ancienne ambassadrice ainsi que ses sombres desseins avaient été enterrés avec elle. Tellement peu à être dans la confidence, comme un homme aussi insignifiant que Cauraus pouvait-il savoir… A moins que ce ne soit pas cela dont il parlait, auquel cas Arianne ne comprenait pas. En revanche, que faire maintenant ? Il propose sa lame, son service. Mais cela n’est-il pas risqué ? L’ambassadrice voulait justement s’en débarrasser. Le garder auprès d’elle, n’était-ce pas le meilleur moyen de se créer de nouveau problème. Elle ne veut pas avoir de responsabilités sur les épaules.
Si contradictoire… Elle porte pourtant tout un peuple sur son dos, mais celui-là est bien léger à ses yeux. Elle n’en a rien à faire. Le peuple est une foule et elle n’en a rien à faire. Au final, ces vies ne dépendent pas d’elle, de ses décisions. Elle n’est que la face visible, celle qui annonce mais ne commande pas. Ce n’est pas sa responsabilité à elle … ce n’est pas ta responsabilité.
Mais cet homme dépend tout entier d’elle parce qu’elle l’a décidé. C’est sa décision, son choix, sa responsabilité. Elle alors que tu t’es engagée dans ce terrain glissant qu’est l’attache, que vas-tu faire ? Le mieux serait d’abandonner ce fardeau. Elle n’a jamais rien eu à porter, elle ne veut rien porter. Mais au fond, n’y aurait-il pas toujours une chaine, la liant elle et lui. Oui, maintenant qu’elle l’a sauvé, elle a sa vie entre ses mains, quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle dise…
Et une vie, ça pèse lourd….

Malgré tout, il y avait de l’espoir dans ce qu’il disait. L’espoir que lui, prenne une part de son fardeau. Qu’il la soutienne. Être aidée…. Autant elle n’avait jamais aidé personne, autant elle n’en avait jamais reçu. Mais la perspective que le poids de tant d’années, tant de souffrance soit un tantinet réduit est alléchante. Malgré tout, elle n’y cède pas, la rejette violemment même. Elle est seule, elle l’a toujours été. Elle n’a pas besoin ni de lui, ni de personne. Elle n’est pas faible, c’est ce qu’on lui a toujours dit. Être dépendant de quelqu’un, là est la véritable faiblesse…
Car quand on le perd, on est détruit…

Que faire ? Acceptée ou non… La question la taraude. Bien droite, elle reste silencieuse, plongeant son regard dans celui de Cauraus, sans ciller. Impartiale, elle jauge le pour et le contre. Mais elle se rend compte, au final, quel ne parvient pas à trouver de réponse.


– Ce silence...dois-je comprendre que vous me demandez d'abord ce que je sais ? Hier encore je croyais à Lyrianna, aujourd'hui elle fait partie de mon passé. Ce nom semble vous faire trembler. Est-ce de peur ou de rage, je ne le sais pas. Cela vous trouble, de façon subtile mais cela vous trouble. J'ignore si sa disparition est liée au Drack qu'on a dû fuir. Vous savez, je vous admire, malgré les circonstances, les devoirs qui vous attendent vous restez de marbre, la preuve vous ne dites rien. Face à l'affliction et aux erreurs de ma vie je n'ai pas su gardé mon sang froid.

Les sourcils d’Arianne se froncent. Touché. Comment peut-il savoir ? Où a-t-il vu que… Elle pense pourtant jouer son rôle à merveille, celui de la dame qui ne s’effraie de rien. Où est la faille ? Où a-t-elle échoué ? Son masque impénétrable avait-il laissé la vérité éclater au grand jour ? Ou l’homme était-il juste lucide ? Si la dernière option est la bonne, alors ses capacités vont au-delà de la clairvoyance. Car personne, au combien personne, n’eut jamais deviné que la plus grande terreur d’Arianne se résume à l’ancienne ambassadrice et ce depuis toujours. Néanmoins il faut jouer jusqu’au bout, car il a beau savoir que Lyrianna la trouble, il ne sait pas qu’à son nom, la peur la dévore et la tue. C’est là le seul défaut d’Arianne, la seule émotion que jamais elle ne contrôle. Et peut-être, au fond, le seul lien qui la rattache encore à son humanité…

Reste silencieuse, poupée de glace, silencieuse et stoïque. Ne ressent rien non plus, du moins essaye. Car aussi vrai que ton visage ne trahis plus rien, tu sens l’effroi, celui qu’on te découvre. Et enfin… quel est cette sensation. Du plaisir ? Pourquoi ? Pourquoi ressentir cela, dans la situation dans laquelle tu te trouves ? Peut-être l’idée que ce débat prenne bientôt fin, bien qu’il ne semble commencer… Et si… Et si les flatteries de Cauraus avaient marché ? Si en vérité, le fait qu’il t’admire te touchait ? Non, impossible, d’habitude, les compliments des commerciaux et politiciens ne t’atteigne pas, bien que tu fasses mine du contraire. Ils te disent magnifique, mais au fond tu te sens laide. Ils te peignent comme étant forte, si seulement ils savaient ce qu’il y avait derrière. Tu connais la chanson, ils ne laissent place aux louanges que pour se frayer un chemin vers ton estime. Mais au fond, leurs compliments ne valent rien. Celui de Cauraus, en revanche, semble sincère. Et toi-même, tu oses y croire. Voila ce qui te flatte n’est-ce pas ? Voila la véritable source de ton plaisir.
Et ce n’est pas désagréable, mais…
Un discret frisson parcourt son dos, imperceptible. Une force invisible semble écraser ses tempes. Non, le plaisir est la meilleure manière de souffrir. Comme les relations, on en devenait dépendant, il obstruait la raison. On ne peut se laisser gagner par un quelconque sentiment. Alors elle ignore son propre contentement.
Après tout… C’est « l’apanage des faibles »…


- En revanche, je me demande si cela est une bonne chose...se cacher derrière un masque. Au fond, nous sommes pareils, je ne sais rien de vous mais vous avez fini comme moi. A vrai dire, je ne sais pas vraiment qui je suis et ce que je suis. Quand on est dans ce cas il est difficile de choisir sa voie.

Le cœur d’Arianne semble s’arrêter. Se cacher derrière un masque… C’est bien ce qu’elle fait depuis le début, et pourtant… On lui a appris, à vivre avec, à le porter chaque jour, chaque heure. Mais en vérité, ne l’était-elle pas, le masque ? La frontière entre le rôle et la vérité était si infime. Elle-même n’était pas sûr de quand elle passait de l’un à l’autre. C’est vrai, elle jouait un rôle, mais n’était-ce pas là le fait de tout politicien ? Mais sinon, elle est honnête, car elle ne ressent pas. Derrière le masque, il n’y a plus rien…
En es-tu vraiment sûre ?
C’est comme un nouveau rôle, au final. Le premier jeu, le premier masque, et le plus visible aussi est celui que les sénateurs lui ont appris. C’est l’ambassadrice, froide et forte, que les gens admirent et craignent. La diplomate. Puis, plus profondément, auprès du peu qui la connaissent, il y a la dame sans artifice. Celle qui obéit, celle qui ne ressent rien, ou plutôt fait en sorte de ne rien ressentir. Et enfin… Au plus profond…
Il y a quelque chose… n’est-ce pas ?

Le masque fait partie de sa vie, et elle n’est même pas sûre de ce qui se trouve en dessous. Alors elle continuerait, même si, au fond d’elle, elle commence à croire que oui, ce n’est pas vraiment une bonne chose, de se cacher derrière un masque. Surtout quand à cause de lui, on ne sait plus qui on est.  En quoi est-il pareil qu’elle… Peut-il seulement le penser. Son passé n’a rien à voir avec le sien. Il est peut-être dur, mais il n’aura jamais l’essence de sa propre histoire.


– Par ailleurs vous ne répondez pas. Avant, j'étais un enfant rêveur, j'ai fini par me perdre dans mes rêves. J'ai travaillé dur pour devenir ce que je suis, hélas les arènes m'ont brisé. J'ai dû tuer des innocents pour survivre, pour m'évader j'ai dû en tuer plus que prévue. C'est la raison de ma blessure, vous avez du entendre parler de cette affaire de charnier récemment. Sans doute, sans vous, à l'heure qu'il est, je devrais être mort. Je vous remercie de votre geste,  j'espère par le biais de votre affaire trouver enfin ma place. Voilà mon histoire, peut-être a-t-elle des similitudes avec la vôtre qui font en sorte que nous finissons pareil à nos âges respectifs.

Elle l’écoute patiemment. Alors la boucherie de Sicaa avait une seule et unique source et c’était la personne en face d’elle qui en était la cause ? Alors lui aussi, lui aussi est un criminel. Un criminel contre son gré. Finalement ils ne sont peut-être pas si différents l’un de l’autre. Sans le vouloir, il est devenu meurtrier, et maintenant ses mains pleines de sang cherchent le repentir. Arianne, elle, ne le cherche pas, ce salut pour expier. Elle désire juste vivre. Non, plutôt, on lui a ordonné de vivre. Donc elle vit. Elle n’a pas de choix à faire, pas de décision à prendre. Ou du moins, pas beaucoup, car elle a eu le choix, il y a quelques jours, de sauver un homme et elle l’a fait. Maintenant, que faut-il faire. Elle le comprend. Elle comprend sa position et quelques choses d’autre, la compassion sûrement, l’empêche de le renvoyer aussi sec. Pourtant, dans son esprit elle est en proie à un véritable tiraillement. Que faire de lui maintenant ? Sa raison lui dicte de l’effacer de sa vie. Elle ne veut pas de responsabilité, pas personnes sur qui compter. Mais… Il y a quelque chose qui l’attriste, au fond, et la rend incapable de prendre une telle décision. Pas d’attachement, pas de dépendance, pas de lien qui se créent….
Mais il est trop tard, Arianne, tu es piégée.
Car tu as beau le nier, tu restes humaine.  


– Voilà qui clos mon passé, d'après mes connaissances sur l'affaire actuelle je déduis que nous avons un créancier ou une dette financière envers ce Drack, je le suppose car il en a parlé. Ce dernier semble vous connaître personnellement mais il ne représente pas son peuple car il a tenté de vous tuer. Pour ce qui est de la petite attaque je pense que ce n'est qu'un acte crapuleux. Néanmoins pourquoi avons-nous besoin d'or ? Vous vous cachiez donc l'affaire doit être secrète. Qui était-ce Drack ? Pourquoi voulait-il nous tuer ?

Il est fou, fou de se confier. Si son discours ne lui plait pas, elle a le pouvoir de le tuer sur le champ. Elle a au moins ce privilège-là. Pourtant elle écoute. Oui, il est fou, ou peut être courageux. Ou sûrement les deux, après tout, il faut être doté d’un grain de folie pour braver le danger. Arianne en a braver plein, de dangers. Alors pourquoi a-t-elle l’amer sentiment de n’être qu’une couarde ?  Lui, il dit ce qu’il pense, avec un peu de chance, il pense ce qu’il dit. Il vit, d’une existence de choix, de douleur aussi. Et de douceur ? Sa vie semble tellement plus colorée. Et voila que tu te mets à l’envier. Non, ta vie est correcte. Elle n’est pas trop douloureuse, elle se déroule sans encombre…

Sans saveur ?

Le guerrier va trop loin, même s’il en sait déjà beaucoup trop. Un dirigeant de ce nom l’aurait déjà exterminé. Alors pourquoi tu ne le fais pas ?
Arianne ne le désir pas, tout simplement, cette solution est impensable. Alors que dire ? Que faire. Elle est perdue. Elle reste silencieuse un moment. Cet homme la trouble, car il appuie sur les points qui font mal, les points qui questionnent. Contradiction net avec ce sentiment, le fait que malgré tout, elle ne veut pas s’en défaire. Elle ferme les yeux, réfléchissant. Effacer, conserver... Entre raison et sentiments, habitude et nouveautés, tout se chamboule. Quelle décision prendre? Elle a beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne se décide pas. Et si... Et si tu arrêtais de réfléchir?
Ouvrant les yeux, plantant de nouveau ses prunelles de glace dans celles de Cauraus, elle rompe le silence. Elle n'a pas choisi, mais son inconscient tend vers une réponse.


- Sachez, Cauraus, que mon histoire ne regarde que moi. Elle pourrait, certes, être similaire à la vôtre, mais même si ce fut le cas, je ne vous en toucherais pas un mot, déclara-t-elle sèchement. Quand à cette affaire avec le Dracks, je vous demanderais de l’oublier, vous en savez déjà beaucoup trop là-dessus, et vous avez beaucoup de chance que je ne vous fasse pas taire.

Que de mots durs. Quelle belle parade, quel piètre bouclier. Tu veux te protéger de ta propre affection pour cet individu, alors que tu sais qu’au fond, tu n’y échapperas pas.
Le visage devenant plus doux, elle finit par détourner le regard.


- Néanmoins, je vous suis aussi redevable, car sans vous, je n’en aurais pas réchappé. Il serait donc ingrat de vous réduire au silence, elle planta de nouveau son regard perçant dans celui de l’homme, vous avez ma reconnaissance, Cauraus. Chérissez-la car je peux vous assurer que peu de gens en ce monde peuvent aspirer à la posséder véritablement.

Arrête, tu ne dois pas en dire trop. Tout cela est déjà suffisant. Se dévoiler c’est s’affaiblir. Tu ne veux pas être encore plus faible… Si ?

- En ce qui concerne le charnier de Sicaa, je devrais vous faire arrêter pour meurtre. Mais je reconnais que vous étiez dans l’obligation d’agir ainsi. Ces criminels n’ont que trop mangé sur le dos de combats illégaux et de carnages indésirables, sans que jamais nous ne les trouvions. Si vous ne les aviez pas tués, c’est nous qui l’aurions fait. Et c’est grâce à leur mort que nous avons trouvé leur arène, dissimulée dans un des Canyon de Sicaa. J’avoue que nous avons longtemps cherché qui était la cause de cette boucherie. Qui aurait cru que je le trouverais, ici, devant moi.

Elle ne cilla pas, continuant de le fixer, impitoyable

- Je ne dirais pas ce que vous avez fait, car je ne peux garantir votre sécurité si les Sénateurs apprennent vos faits d’armes. Mais j’ai cru comprendre, que vous n’aviez plus rien. Plus de foyer, et plus de but étant donné que celle que vous vouliez servir n’est plus de ce monde. Et j’avoue que je me vois mal vous mettre à la porte pour une raison qui m’échappe.

Allons, voila qu’elle se dévoile… Comme quoi même les poupées changent. Elle ne réfléchit plus. Pour la première fois depuis très longtemps, elle se laisse guider par l’instinct, sans se brider, même si cela lui fait peur.

- Vous m’offrez votre vie et votre lame ? Et bien soit. Je l’accepte. Prenons cela comme un marché, je ne révélerais pas vos secrets, alors ne révélez pas ce qu’il s’est produit il y a quelques jours. Offrez-moi votre épée et votre force et je vous offrirez une nouvelle vie et un but.

Son regard s’assombrit, sa mine devient plus grave. Elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas la force de le chasser. Mais elle sait ce qu’elle risque. Personne ne doit savoir que quelqu’un était à ses côtés ce soir là. Personne ne doit connaître la discussion qu’elle est en train d’avoir. Il ne devrait y avoir aucun lien entre elle, et lui. Car les grands, ceux qui contrôlent véritablement, pourraient l’apprendre. Et elle est terrifiée à l’idée que le renard lui prenne le peu qu’elle ait, à la manière de la dame en noir qui lui avait tout pris. C'est tellement ironique, et si contradictoire. Les risques… Elle les déteste et pourtant, elle les prend…
Pourquoi?... Pour qu'elle raison...


- Mais il faut que je vous prévienne Cauraus, vous n’aurez pas le salut en me servant, et en mettant votre lame au service des Sénateurs. Peut-être sauverez-vous des innocents, peut-être que votre vie vous paraîtra plus douce et plus juste. Mais ceux que vous servez ne le sont pas. Suivez juste ce conseil : ne faites confiance à personne.





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Cauraus Sirdän
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MessageSujet: Re: Le bras long de la justice   Mer 22 Avr - 14:28

- Sachez, Cauraus, que mon histoire ne regarde que moi. Elle pourrait, certes, être similaire à la vôtre, mais même si ce fut le cas, je ne vous en toucherais pas un mot, déclara-t-elle sèchement. Quand à cette affaire avec le Dracks, je vous demanderais de l’oublier, vous en savez déjà beaucoup trop là-dessus, et vous avez beaucoup de chance que je ne vous fasse pas taire.

Si froide, il s'y attendait. Elle n'est pas prête de lui dévoiler quoique se soit, en même temps pourquoi le devrait-elle ? Comment fait-elle pour rester de marbre tout en disant de telle chose. Cauraus reste admirable face à cette capacité. Son regard se détourna du guerrier et son visage devint plus amical.

- Néanmoins, je vous suis aussi redevable, car sans vous, je n’en aurais pas réchappé. Il serait donc ingrat de vous réduire au silence, elle planta de nouveau son regard perçant dans celui de l’homme, vous avez ma reconnaissance, Cauraus. Chérissez-la car je peux vous assurer que peu de gens en ce monde peuvent aspirer à la posséder véritablement.

Elle y serait restée sans lui ? Alors que c'était lui le fardeau durant la fuite ? Elle se sous-estime et reste modeste cependant elle sait, malgré les apparences, agir avec justice. Cauraus vivra et probablement sous peu de condition. Le guerrier laissa apparaître un léger sourire, il a obtenu la reconnaissance d'une personne haut placée, qui est de plus une femme très précieuse et réservée. Un sentiment de réussite envahie le guerrier. Il ne craint plus son regard et ne craint plus non plus celui de sa meneuse.

- En ce qui concerne le charnier de Sicaa, je devrais vous faire arrêter pour meurtre. Mais je reconnais que vous étiez dans l’obligation d’agir ainsi. Ces criminels n’ont que trop mangé sur le dos de combats illégaux et de carnages indésirables, sans que jamais nous ne les trouvions. Si vous ne les aviez pas tués, c’est nous qui l’aurions fait. Et c’est grâce à leur mort que nous avons trouvé leur arène, dissimulée dans un des Canyon de Sicaa. J’avoue que nous avons longtemps cherché qui était la cause de cette boucherie. Qui aurait cru que je le trouverais, ici, devant moi.

Sicaa...jamais il n'oublie ce lieu. Ce fut l'endroit où il comprit, à ses dépends et de la manière la plus horrible, la noirceur de la vie. Cet épisode est désormais derrière lui, son destin est juste devant lui. Sa nouvelle vie commence bientôt et il ne reste plus qu'à la saisir. Son cœur est néanmoins apaisé par les mots de Arianne, le fait de savoir qu'elle aurait fait massacrer ces parieurs, lui montre que finalement il avait pas le choix. Son âme est cependant noircie par l'idée d'être un criminel en face de la justice incarnée.

- Je ne dirais pas ce que vous avez fait, car je ne peux garantir votre sécurité si les Sénateurs apprennent vos faits d’armes. Mais j’ai cru comprendre, que vous n’aviez plus rien. Plus de foyer, et plus de but étant donné que celle que vous vouliez servir n’est plus de ce monde. Et j’avoue que je me vois mal vous mettre à la porte pour une raison qui m’échappe.

En réalité il lui reste un foyer....ces parents. Mais plutôt mourir que de vivre à nouveau cette vie là. Pour une raison qui m'échappe ? Mieux vaut en pas se faire d'illusion, elle est séduisante mais trop dure. Encore une fois Cauraus chassa cette idée de sa tête. Elle est sans doute en train de peser le pour et le contre de l'avoir parmi ses rangs étant donné que les sénateurs ignorent sa présence.

- Vous m’offrez votre vie et votre lame ? Et bien soit. Je l’accepte. Prenons cela comme un marché, je ne révélerais pas vos secrets, alors ne révélez pas ce qu’il s’est produit il y a quelques jours. Offrez-moi votre épée et votre force et je vous offrirez une nouvelle vie et un but.

Nous y voilà, enfin. Sa nouvelle vie commence. Une sensation de victoire ou de conquête l'envahie désormais. Un nouveau but contre sa vie. Cela parait peu équitable mais c'est le prix à payer. Prix que Cauraus accepte avec joie. Son silence contre le sien.

- Mais il faut que je vous prévienne Cauraus, vous n’aurez pas le salut en me servant, et en mettant votre lame au service des Sénateurs. Peut-être sauverez-vous des innocents, peut-être que votre vie vous paraîtra plus douce et plus juste. Mais ceux que vous servez ne le sont pas. Suivez juste ce conseil : ne faites confiance à personne.

Un peu déçu de sa futur position même si, après tout, être un guerrier agissant dans l'ombre pour sa meneuse n'est pas une mauvaise chose. Il se rend compte d'une triste vérité...la corruption du pouvoir. Ne faire confiance à personne. Jamais il n'entendit ceci. Même celle qu'il sert doit être corrompu.

- J'ignorais ceci. J'ignorais que les sénateurs et peut être même vous, étiez corrompu. Je vous sert parce que vous agit justement envers moi, ceci me laisse croire que vous n'êtes pas corrompu, du moins pas de votre propre gré. Faire confiance à personne sera dur mais j'espère m'y accommodé. Il y a quelques mois j'aurais aimé être à votre place, aujourd'hui vous me semblez la personne la plus triste que j'ai jamais vu. Peut être, même sans me le dire par respect, crainte ou pudeur, mes futurs agissements vous aideront à avoir vous aussi, une vie plus douce. Au final, nous sommes pareil. Je ne vais plus vous drainez votre temps et je me retire sur le champ en espérant que l'on se reverra..

Attristé par le fait de ne plus revoir sa bienfaitrice, qui est fort séduisante, le guerrier se retira discrètement. Sa vie commence mais sera-t-elle illuminée comme dans ses rêves ? Ce sera à lui de le décider....et à Arianne également. Vivre malgré la corruption ou lutter contre elle ? Peut-on vivre éternellement dans l'injustice ? Peut-on rester pure là où la corruption perdure ? Ils devront tout deux être fort.


Fin probable du RP

Spoiler:
 

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