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 Méandres d'un sanglant souvenir [pv Enaan]

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Arianne Delvanté
Meneuse des Aeriens
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Messages : 258
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MessageSujet: Méandres d'un sanglant souvenir [pv Enaan]   Lun 20 Oct - 0:24









♦ La mémoire est un fardeau ♦



Du haut de son balcon, assise sur une chaise finement ouvragé, elle balaye son royaume du regard. Cette ville immaculée qui s’étend sous ses yeux est à elle. Pourtant, en ce jour, elle ne possède rien. De toute façon, cela fait des années qu’elle n’a plus rien possédé…  Que pouvait-elle avoir au fond. Aujourd’hui encore, elle n’était que le reflet pâle du vivant. Une copie illusoire habité de plaisirs sans substance. Toujours prisonnière, toujours morte au fond. La dame a beau être partie, rien n’avait changé. Oh, sa condition s’est nettement améliorée. Elle ne le nie pas. Plus obligée de se cacher, pouvant prendre ce qu’elle désire, quand elle en a envie. Mais elle n’en a même pas, d’envie. Au fond, tout demeurait. Même sa cage de verre était inchangée. Toujours figée dans les mêmes appartements. S’étaient ceux de l’ambassadrice après tout… Et elle était l’ambassadrice à présent. Condamné à joué le rôle de sa geôlière, condamnée à errer dans ces pièces où la torture avait vue le jour. Condamnée à déambuler entre les souvenirs. Elle ne peut oublier. Tout est là, rien n’avait changé….

La pluie martèle les vitres du salon, donnant sur ce même balcon. Sur ces parois ruisselantes, on distingue un reflet. Sombre, car il est tard, on ne distingue que les contours de ses lèvres écarlates finement dessiné. Quelles sont froides, ces lèvres. Ne souriant pas, ne montrant rien. Un silence pesant y est accroché. Aussi blanche que la cité, la peau qui l’entoure évoque le marbre glacé. Son cou est aussi pâle, ses épaules aussi. Mais on ne peut se permettre d’inspecter plus la blancheur de l’épiderme, car une robe sombre comme la nuit finit par l’engloutir. Si ténébreuse qu’on n’en distingue ni les plis, ni les contours. Des cheveux tous aussi ombrageux s’en détachent avec difficulté, perceptible que par leurs quelques reflets. Et tombant, encore et encore, si long, si lisses….
Si implacables…


-J’espère que tu m’as bien comprise.

Sans rien trahir, la jeune fille acquiesce. A quelques mètres de la dame en noire, les yeux verrouillés sur le sol tant elle n’ose effleurer le dos de la dame du regard, elle reste bien droite. Ses cheveux sont mi-longs, leur vie s’achevant au niveau de ses épaules. Mais ils sont tout aussi lisses, réguliers, que la dame se tenant devant elle. Contrairement à l’illustre présence, elle ne porte ni robe, ni bijoux dorés. A la place, de grossiers vêtements cachent son corps à la vue. Le tissus dissimule son cou, le cuir sombre, vieilli, ni brun, ni noir, couvre ses bras, surplombent ses gants. Des lacets en retiennent les diverses parties, au niveau de sa poitrine alors presque inexistante. Ils maintiennent les tissus au niveau de ses cuisses, vers l’extérieur. Rapiécé, comme un blessé, comme un guerrier ayant vaincu maintes fois la mort, il donne à l’adolescente un aspect aussi pittoresque que celui de la sombre femme semble grandiose. De nouveau, les lèvres écarlates s’animent, dans un miroir fantomatique que la jeune fille ne prend même pas la peine de regarder.

-Et n’oublie pas, je veux qu’il souffre.

De nouveau, elle acquiesce. D’une voix nette, sans bavure. Docile et pourtant sûre. C’est peut être la mission la plus importante qui lui ai été confiée… La plus compliquée depuis celle où elle avait du tuer son propre maître. Mais elle n’a pas peur… Ce n’est pas la mission qui l’effraie…
La dame se retourne vers elle. Son visage est lisse, impassible. On en oubliera presque les quelques rides qui fendent impitoyablement le coin de ses yeux.  Ses yeux d’un vert éclatant cherchent les prunelles de l’adolescente. Cette dernière voie cela comme un ordre. Elle relève la tête et soutient son regard. Ce n’est rien, il parait, de soutenir un regard. Mais celui là est pénétrant, dérangeant, gênant. On pense, face à de tels Iris, que nos pensées sont mises à nue, que rien de ce qui se déroule dans notre esprit n’est secret. Et face à cette impression malsaine de n’être qu’un livre ouvert, et que la simple pensée pervertie nous donnerait la mort, la jeune fille ne bronche pas. Pourtant, dans son cœur se livre un combat. Soudain, lentement, les lèvres de sang de la dame s’étirent en un sourire froid. Par un effort surhumain, la jeune fille réprime un frisson glacé au niveau de sa nuque.

-Ne me déçois pas, Arianne.