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 Uther Du Guer ;

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Uther Du Guer
Chasseur
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Messages : 6
Date d'inscription : 24/04/2011
Age : 24

MessageSujet: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 0:12


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    Uther Du Guer
    31 ans – chasseur Drack – couleur #DCDCE2


    « On ne choisit pas ce qu'on est,
    mais on peut décider d'en tirer avantage.
    Pour ma part, je suis né fascinateur
    et je suis devenu manipulateur. »

    PRENDRE SON DESTIN EN MAIN.



    Code : validée par Arianne
    Armes :
    En tant que Drack, Uther ne ressent pas la nécessité de posséder une arme. Tout au plus possède-t-il un poignard qui lui est fort utile sous forme humaine. Il préfère largement sa puissance de dragon pour se sortir de mauvais pas.


    HUMAININTERMÉDIAIREDRAGON
    Uther n'apprécie pas particulièrement cette forme, il se sent particulièrement vulnérable parce qu'il est beaucoup moins puissant qu'avec les autres.
    Uther a hérité de ses parents des cheveux noirs caractéristiques de sa famille. Il les considère comme une fierté personnelle. Ses yeux ont une jolie teinte bleutée, en opposition avec la nature profonde d'Uther. Sa peau est généralement pâle à la fin de l'hiver, mais il essaie toujours de bronzer, sans grand succès. Ni trop chétif, ni trop musclé, Uther affiche une taille et une silhouette convenable, sans vraiment tomber dans l'excès. Il porte alors des vêtements plutôt clairs. Lorsqu'il est sous forme humaine, l'origine dracke du personnage passe inaperçu pour quiconque ne connaît pas l'existence de l'espèce. On serait même incapable de dire s'il est plutôt mauvais ou bon. Uther s'amuse à semer le trouble auprès des hommes.
    Ceci est la forme de référence d'Uther. Elle lui permet de conserver un semblant d'humanité tout en étant plus puissant qu'un humain lambda.
    Dans l'ensemble, l'aspect d'Uther ne varie pas beaucoup de la forme humaine : on reconnaît aisément certains traits distinctifs. La différence est cependant saisissante. Uther conserve sa corpulence habituelle, mais il est plus impressionnant. Ses cheveux noirs virent au blanc. Uther n'a jamais compris ce soudain changement, mais il y attache somme toute assez peu d'importance. Ses yeux prennent quant à eux une teinte rouge sang. De même, sa peau perd son incontournable pâleur, se garnissant de reflets rouges foncés. Des écailles acérées lui sortent des deux épaules et du flanc gauche. On assiste également à une poussée très grande de ses ongles. Sous cette forme, Uther a l'air clairement maléfique.
    Bien qu'elle ne soit pas des plus pratiques, Uther ne peut s'empêcher de trouver cette forme avantageuse lorsqu'il doit se sortir d'un mauvais pas.
    Il est pourtant bien peu impressionnant. Ses écailles, à mi chemin entre le bleu et le noir, protègent la majorité de son corps. Ses yeux retrouvent leur couleur bleue d'origine. Uther se caractérise cependant par le nombre étonnant de piques : elles parcourent son échine et ses bras, trônent sur sa tête, recouvrent les articulations... qui plus est, elles se teintent de reflets bleus plus clair, ce qui lui permet de se fondre relativement bien dans le ciel. Si Uther est effectivement puissant, il n'en reste pas moins d'allure chétive, qui attire de nombreux prédateurs à la recherche de Dracks faibles.
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    CARACTÈRE
    Bien sûr, on pourrait aisément réduire Uther à ce qu'on considère généralement comme des défauts. Il se montre souvent cruel et manipulateur, voire violent ; mais cela n'est-il pas répandu chez les membres de son espèce ? Tout le monde désire le pouvoir, et ce n'est pas en respectant les autres qu'on y arrivera. Uther l'a bien compris et s'en sert au maximum. Pourtant, Uther, en dehors de ses aspects violents, possède une étonnante sensibilité, qui se manifeste notamment par l'amour qu'il a porté à une humaine. Il ne veut pas être catalogué comme ''méchant'', il veut servir ses propres intérêts. Il sait d'ailleurs qu'en conservant une apparence de respectabilité, on peut aller très loin. Il a beaucoup appris de son séjour chez les humains et s'est rapidement initié aux jeux de pouvoir des Dracks.




    Je peux dire que j'ai mal tourné. Très mal tourné.
    Cela étant, ça n'a rien d'étonnant. Tel que je suis, j'étais fait pour naître chez les Dracks. Les intrigues de pouvoirs sont pour moi les plus palpitantes, et j'accorde assez peu d'importance aux inquiétudes des autres. Comme tous les Dracks, en définitive. Rien de surprenant à ce que je tourne mal : cela arrive aux autres également. Mais moi, je pense être passé maître dans cet art-là, de m'être rendu beaucoup plus loin que tous les autres, en un mot, d'être devenu plus mauvais que tous les autres. J'en suis fier, il est vrai, mais je souffre parfois de préjugés cruels. Les Dracks, censés être mauvais, étaient soit trop gentils à mon goût – et ceux-là plaisaient à mes détracteurs, soit très proches de mon propre caractère, mais étaient alors vivement critiqués. Manipulateurs, usurpateurs, tricheurs, voleurs... on pouvait nous trouver tous les vices. Nous sommes stigmatisés, catalogués comme étant des ''méchants''. En bref, nous ne valons rien. Combien de fois ai-je eu envie de leur dire que la méchanceté n'était pas une fin en soi ! Elle n'était qu'une partie d'un système bien plus complexe qui se nomme notre esprit, et qui ressent la douleur aussi bien que les autres. Je me sens heureux tel que je suis, merci à ceux qui m'ont dit d'aller me pendre parce que je ne méritais pas de vivre. Mais passons.

    Mon enfance fut sans doute la période la plus douce de ma misérable existence. J'avais une maison, des jouets, des parents qui m'éduquaient et qui m'aimaient... Du moins, j'en suis certain pour ma mère. Elle était froide et distante avec moi, elle pestait souvent quand elle devait s'occuper seule de moi, mais j'étais certain qu'elle m'aimait. Je savais que son amertume était dirigée vers son mari, mon père, qui brillait par son absence. Je le connais mal : il passait ses journées loin de moi et s'absentait parfois de longues semaines sans offrir la moindre explication à ma mère. Comme tout Drack qui se respecte, mon père était attiré par le pouvoir. Son activité principale consistait donc à chercher à en acquérir, et ce n'est pas en restant près de moi qu'il y serait arrivé. C'est pour cette raison que je me suis persuadé qu'il m'aimait. Il ne me frappa jamais et se montrait parfois très tolérant à mon égard, même si cela arrivait une seule fois par an, à mon anniversaire. Mais qu'importe. Je ne pouvais pas rêver d'une meilleure famille.
    La maison était grande, en particulier pour un jeune garçon apprenant à peine à marcher. Elle était constituée d'un bois vert qui ne pourrissait jamais, les larges pans de murs étaient peints tandis que les piliers restaient bruts. Au centre de la maison, une grand pièce à vivre accueillait l'âtre de la cheminée qui réchauffait la demeure tout entière. À côté était installée une petite cuisine peu ergonomique, mais suffisamment résistante pour la force d'une forme intermédiaire. Les autres pièces servaient de chambre ou de garde manger. Un escalier tordu menait au grenier ; on le grimpait comme on utilise une échelle. Avant mes dix ans, je n'avais jamais pu approcher cette pièce sombre et mystérieuse, et quand j'eus l'honneur d'y entrer, je le regrettai aussitôt. Mais nous verrons cela plus tard. À l'arrière, une sorte de cour cabossée permettait de prendre le soleil l'été.
    C'était un lieu agréable. J'étais étonné de voir que mes parents appréciaient autant le bois alors que les Dracks avaient une affinité avec le feu. Pourquoi n'avaient-ils pas choisi une sombre pierre en guise de demeure ? La réponse me vint plus tard, lorsque je découvris quelles étaient leurs véritables motivations.
    Enfant, j'avais assez peu de contact avec les autres Dracks. Les adultes que je croisais n'avait que faire d'un enfant fragile, et les autres bambins n'étaient pas prêteurs. Ils préféraient jouer chacun dans leur coin, ce qui rendait très difficile tout contact avec eux. Ma mère m'avait expliqué qu'à l'âge de chercher une compagne, les Dracks étaient plus amicaux... J'avais l'impression que cette cohabitation était une apparence : nous vivions ensemble, mais au fond, nous ne nous intéressions pas aux autres. J'appris à m'en accommoder.
    L'éducation que je reçus fut celle d'un chasseur. À cette époque-là, je ne voyais guère le rapport avec ma demeure. Ma mère s'en chargea, et elle prit grand soin à ce que je sois bien éduqué. Je suppose qu'il s'agissait de sa manière de se venger de mon père, qu'elle accusait d'avoir mis un terme à sa quête de pouvoir personnel. Je me demande également si elle ne se servait pas de moi pour quelque but obscur... Je ne pourrais jamais le savoir. L'entrainement était difficile et intense, mais j'y prenais beaucoup de plaisir pour une raison qui m'échappe. Ma mère me forçait à me lever avant le lever du soleil. Parfois, elle me réveillait même en pleine nuit. Elle voulait que je sois réactif dès mon réveil. Elle m'accordait un quart d'heure pour me préparer, ce qui signifiait me laver, m'habiller et petit-déjeuner. Les premiers mois, je n'avais jamais le temps de manger, ce qui me compliquait la tâche toute la matinée. Elle ne m'avait pas indiqué de méthode pour aller vite, aussi devais-je improviser. Je compris alors que je devais préparer l'eau pour me laver la veille au soir. Je la déposais dans une bassine à côté de mon lit. Quand je me réveillais, elle était froide, mais pas autant que si je l'avais laissée dehors. Je me précipitais dans la cour et je versais le contenu de la bassine sur ma tête avant de frotter énergiquement pour me décrasser. Après quoi je m'essuyai rapidement et je retournai dans ma chambre pour m'habiller. Dès cette époque, je choisis des tenues faciles à enfiler et agréables à porter. Il ne me restait plus qu'à aller manger. J'avalais sans trop réfléchir à ce qui passait dans mon assiette. J'achevais cette préparation expresse en me lavant les dents, mais il m'avait fallu quelques années pour arriver à ce niveau de perfection.
    Au bout d'un quart d'heure, ma mère m'arrachait à ce que je faisais et nous devions courir jusqu'à la forêt. Les premiers temps, elle m'emmena dans la forêt voisine, qui était assez proche, puis elle me fit courir de plus en plus, dans des lieux de plus en plus beaux et intéressants. Elle avait un rythme soutenu que je devais tenir absolument sous peine de me perdre. Cela m'était arrivé quelques fois et la punition avait été... déplaisante. Mais je n'en dirai pas plus.
    Nous nous dirigions toujours vers une clairière bien cachée. L'initiation commençait là. Ma mère voulait que j'apprenne à marcher à l'unisson avec la nature et que je repère tout signe de vie dans un environnement hostile. C'est plus facile à dire qu'à faire. Évidemment, l'avantage que j'avais était que la nature est bruyante, même si en comparaison de la civilisation diurne, elle faisait figure de havre de paix. Les voleurs, eux, ont à se déplacer dans le silence. Moi, je devais simplement ne pas me faire remarquer. Dans la clairière, ma mère m'initia tout d'abord à l'arc. Son objectif était de m'apprendre à chasser. Lorsque j'en fus capable, elle abandonna les armes pour m'entrainer à prendre ma forme intermédiaire. Celle de ma mère, qu'elle conservait tout le temps, était splendide. Le dos de ses bras se transformaient en ailes. Deux cornes orangées semblables à celles des boucs se fondaient dans la masse de ses cheveux noirs. L'un de ses yeux était orange, le second d'un noir profond. Une impression de puissance et de grâce ressortait de son corps musclé. Elle était magnifique et j'avais toujours espéré secrètement pouvoir lui ressembler. J'eus beaucoup de mal à obtenir ma forme intermédiaire, tant j'étais turbulent. Il était nécessaire que je me concentre pour la trouver, mais c'était quelque chose de difficile. Progressivement, j'arrivais à cette forme intermédiaire, et je fus capable de la tenir constamment au bout de deux ans. Durant ce laps de temps, j'avais appris à m'en servir pour chasser. Les sensations étaient différentes d'un simple arc, bien plus... exaltantes. Il était incroyable de se sentir si puissant. À l'adolescence, ma mère m'enseigna à me transformer en dragon. Il me fut plus aisé de le trouver en moi, mais je me rendis très vite compte que le forme intermédiaire était bien plus intéressante. L'après-midi, nous rentrions et nous vaquions chacun à nos occupations. À l'âge de seize ans, j'étais fin prêt à devenir un chasseur à part entière.

    Deux évènements méritent encore d'être racontés avant que je passe au moment où je quitte la maison. Tout d'abord, lorsque je me rendis dans le grenier, à l'âge de 10 ans. D'un tout sec, ma mère m'avait interpellé :
    « Uther, va chercher la hache au grenier ! »
    Elle avait décidé de cuisiner un ours, rien que ça ! Bien sûr, elle ignorait tout du goût que ça pouvait avoir, mais elle voulait essayer. Soit. Ses couteaux habituels, pourtant bien aiguisés, n'avaient pas réussi à percer la chair épaisse du mammifère, aussi avait-elle besoin de quelque chose de plus costaud. Je grimpai pour la première fois de mon existence les marches jusqu'au grenier à la lumière des chandelles. L'ascension était malaisé : l'escalier n'était pas adapté à un garçon de mon âge. Mais je poussai bientôt la trappe du grenier. Une odeur de poussière emplit mes narines. Je me mis à tousser, quand celle-ci envahit mes bronches. Mettant la main devant la bouche, je me hissai dans le grenier.
    Mes yeux prirent quelques secondes à s'habituer à la noirceur de celui-ci. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je pus regarder autour de moi. Je ne m'attendais à rien en particulier, mais je n'étais pas préparé à cela. Derrière l'odeur de la poussière se distinguait un relent de sang. Ceci était confirmé par la teinte rouge du sol et des tâches sur les tables grossières en bois. Sur le mur en face de moi étaient accrochées une grande quantité d'armes, dont la fameuse hache que ma mère recherchait. Des peaux de bêtes étaient étalées des deux côtés du grenier, mais aucune odeur ne se dégageaient d'elles. Je compris alors que mes parents se servaient de la pièce comme une boucherie et j'eus soudainement la nausée. Jusqu'alors, je ne m'étais jamais interrogé sur ce que faisait mes parents. Je savais juste que ma mère m'entrainait le matin, que mon père vivait de loin de moi... Mais je n'avais jamais envisagé que le métier de chasseur pouvait aboutir à une boucherie sous le grenier. Ma mère vendait de la viande et des peaux de bête, tout simplement. Quant à mon père, je n'en avais toujours pas la moindre idée.
    Attrapant la lourde hache, je la trainai jusqu'à l'entrée du grenier, après quoi je la laissai tomber sur le sol et me faufilai par l'entrée du grenier. Je refermai la trappe, et repris la hache. Quand j'entrai dans la cuisine, une surprise m'attendait : mon père allait passer la soirée avec nous. Je ne l'avais pas vu depuis plus d'un mois, pourtant, il m'accueillit aussi froidement que s'il ne m'avait jamais quitté. Depuis ce soir-là, je déteste me rendre dans ce grenier.
    Le deuxième événement eut lieu à mes seize ans et précipita mon départ de la maison. Après l'entrainement, nous étions rentré. Ma mère préparait à manger avec application. Elle avait décidé de composer ce jour-là un menu uniquement carnivore. En effet, mon père avait annoncé qu'il rentrait, et ça la rendait très nerveuse. À voir la manière dont elle manipulait la viande, je pouvais affirmer qu'elle avait une féroce envie de l'étrangler. Je l'aidai comme je pus en coupant des morceaux de viande. Et puis je sentis un courant d'air sur ma peau. La porte d'entrée s'était ouverte sur l'homme de la maison. Il arriva jusqu'à la cuisine s'informer du repas et fut étonné de me voir là.
    « Uther. Tu t'es mis aux tâches domestiques ? »
    Je levai mes yeux rouge sang de ma forme intermédiaire. Le sourire de mon père s'élargit. Il appréciait beaucoup mes yeux. Il alla saluer ma mère avait entrain, qui l'accueillit avec une froideur extrême. Il ne se laissa pas démonter et l'embrassa sur l'oreille.
    « Il faut qu'on parle... Laisse Uther terminer... »
    Je sentis que la tension dans la pièce monta d'un cran, mais ma mère finit par reposer son couteau et suivit mon père dans la cour. S'ensuivit une discussion houleuse de laquelle je ne pus rien percevoir. Je me contentai de finir le repas, regrettant amèrement que ma mère ait refusé d'utiliser des légumes. Mais en cuisine, elle était très imaginative et tentait toujours des mélanges étonnants. Quand mes parents furent de retour, j'observai leurs traits avec attention. Je fus d'ailleurs assez étonné par ce que je vis. Ma mère était parfaitement sereine ; elle paraissait même heureuse. Mon père ne semblait guère plus énervé ; il était un peu contrarié, mais il trouvait que c'était la meilleure solution. Ma mère m'annonça alors d'un ton qui, pour la première fois depuis ma naissance, me parut joyeux :
    « On laisse la maison. On part. »
    Rien de surprenant à ce que ma mère soit aussi joyeuse ! Elle avait déjà obtenu une grande victoire et quittant son foyer. Peut-être même avait-elle eu plus de mon père, ce qui expliquerait son air à moitié renfrogné. Peut-être avait-il eu besoin d'elle dans sa quête de pouvoir ? Je savais que ma mère allait de nouveau mener la sienne : l'étincelle dans ses yeux ne trompait pas. Le simple détail qui leur restait à régler me concernait : qu'allaient-ils faire de moi ? J'avais beau être chasseur désormais, ils devaient me considérer comme un poids à leurs projets. Il leur fallait sans doute quelqu'un d'expérience, ce qui n'était pas mon cas. C'est pourquoi ils n'avaient pas pris de décision pour moi : j'étais libre de faire ce que je voulais, à condition de ne pas empiéter sur leurs propres ambitions.
    C'est à cette occasion que la signification de la maison m'apparut : le bois, c'était la nature dans laquelle évoluait le chasseur. Mon père fuyait cet endroit chaque année parce qu'il avait l'intention d'être plus qu'un chasseur, et il semblait qu'il avait réussi. Quant à ma mère, elle l'avait tolérée parce qu'elle formait un chasseur, mais à présent, elle ne voyait plus de raison d'y rester : elle suivrait les traces de mon père. Je sentais désormais entre eux une nouvelle forme de complicité qui m'attrista un peu. C'était la fin d'une époque.

    Resté seul sur place, je me rendais bien compte qu'il n'appartenait qu'à moi de choisir mon destin. Si mes parents avaient pu le faire, pourquoi pas moi ? Conservant un rythme de vie sain et sportif, j'étais assailli par de nombreuses interrogations : que faire dans l'immédiat ? Quelle voie suivre ? Comment parvenir à mes fins ? Quels moyens avais-je à ma disposition ? Où me rendre, à présent ? Jeune Drack plutôt immature, ce n'était pas en restant chez moi que je gagnerais mon propre pouvoir.
    Brûler ma maison ne fut pas aussi difficile que ce que je m'attendais. J'avais préparé pendant des jours tout le nécessaire de voyage, que j'avais exposé dans la cour. J'avais fait en sorte de me charger au minimum, mais sans pour autant manquer de quelque chose. Mes parents avaient eux même bien vidé la maison à leur départ. J'avais réuni le peu d'argent qu'ils m'avaient laissé, une trousse de secours, des gourdes, quelques objets d'agrément et de quoi me protéger du froid et de la pluie. Je n'emportai pas de nourriture ; étant chasseur, je pensais que je n'aurais aucun mal à en trouver. Je pris simplement un poignard de la réserve pour pouvoir découper la viande. Après avoir vérifié plusieurs fois que je n'oubliai rien, je passai à l'acte. Les flammes dévorant mon seul foyer ne troublèrent pas mon cœur ; je m'éloignai avant qu'il fut réduit à l'état de cendres. J'étais seul et j'allais devoir me débrouiller.
    Voyager de la sorte paraît beaucoup simple quand on ne le fait pas. Mais en pratique, c'était particulièrement éprouvant. Le premier constat que je dus faire était que j'avais beaucoup de mal à m'orienter, et que très vite j'ignorai où je me trouvais. Même en observant la nature, je n'y parvenais pas : elle est trop changeante pour qu'on puisse correctement s'y repérer. Qui plus est, je perdis toute notion du temps et les animaux se faisaient rares. Au départ, me nourrir n'était pas un problème : je connaissais la région et je savais où trouver des proies. Mais dès lors que j'entrai en territoire inconnu, je perdis tout repère, et les proies se firent plus rares. La conséquence était prévisible : je m'affaiblis énormément, à tel point que je ne fus plus capable à la fin de tenir ma forme intermédiaire. Redevenu humain, j'avais encore moins de chance de me nourrir. Arriva le moment où je ne pus plus avancer : je m'effondrai sur le sol comme une masse, me tenant l'estomac pour calmer la douleur. On m'avait dit que c'était l'une des morts les plus douloureuses, car on se dévorait de l'intérieur. Pour l'heure, je me maudissais simplement d'avoir mal préparé le voyage. Par fierté, j'avais voulu m'illustrer comme chasseur, et voilà le résultat... Quel gâchis. Allongé sur le sol, le temps me parut extrêmement long jusqu'à ce que je perde connaissance.

    Le réveil qui suivit fut le plus désagréable de mon existence, plus encore que la première fois où je dus m'éveiller en pleine nuit. La seule certitude que j'avais était la douleur, mais j'étais incapable de la situer quelque part dans mon corps : elle provenait de partout et de nulle part à la fois. En dehors de cela, mon corps me semblait incroyablement lourd. J'étais totalement désorienté. Je ne savais si j'étais couché sur quelque chose de dur ou de mou, ou même si j'étais véritablement couché, bien que cela me paraissait logique. Quand j'ouvris les yeux, tout me parut très clair, très blanc... Je ne devais plus être dans une forêt.
    « Réveillé, jeune homme ? »
    Je compris alors que j'avais été recueilli. Fort bien. J'essayai de répondre, mais un grognement rauque sortit de ma bouche. J'étais incapable de parler, mais ça ne dérangea pas mon interlocuteur qui s'approcha de moi. Je voyais flou, apparemment : je ne pouvais pas distinguer ses traits. En revanche, ses ailes sombres ressortaient clairement sur le plafond clair. Un Drack, donc. Il continua :
    « C'est normal que tu te sentes un peu bizarre. Tu étais dans un sacré état de sous-alimentation ! J'ai dû forcé sur les moyens pour te faire reprendre conscience, mais ne t'inquiète pas, ça finira par passer. Bon sang, tu as de la chance que je passe par là ! Personne ne va en forêt, à part les chasseurs, bien sûr, et encore, ils savent très bien que les animaux évitent la fontaine... Alors quand je t'ai vu, je n'y ai d'abord pas cru. Un homme, un Drack par ici ? Impensable ! Mais tu as tout l'air d'un étranger, à ce que je vois. Et tu étais évanoui. Je t'ai tout simplement sauvé ! Oh, mais je dois t'embêter à parler autant, n'est-ce pas ! C'est vrai que ces médicaments, qu'est-ce que ça rend malade ! Mais bon, je ne voyais pas d'autre moyen... Enfin bref, je vais te laisser te reposer, tu m'appelleras quand tu y arriveras. Hum, juste... évite de mourir, d'abord ? Un cadavre dans mes draps, ça me dégoute. »
    Puis il s'éloigna rapidement. Il était décidément très énergique. Je laissai mon esprit divaguer jusqu'au soir. Il revint avec un bol de soupe, m'expliquant avec beaucoup de détails que je ne supporterais pas de la nourriture solide avant trois jours. Sa gentillesse était faussée, je le sentais à sa voix, mais elle était quand même bienvenue. À présent, je pouvais voir son visage : il était très jeune, lui aussi, mais aimait se donner de grands airs. Ses yeux violets étaient vifs et cruels, sa bouche tordue dans un rictus, mais sa manière de parler ne le montrait pas. Il avait simplement l'air d'un gamin surexcité. Je murmurai faiblement merci. Cela l'enchanta : il se mit à m'assommer de paroles inutiles jusqu'à ce que je termine mon bol. Tandis qu'il repartait, je me rendormis rapidement.

    Trois jours passèrent, durant lesquels je repris des forces. J'appris que j'étais là depuis plus d'une semaine, et qu'un an environ s'était déroulé depuis que j'étais parti de chez moi. Une année complètement perdue. Le jeune Drack attendit la fin de ma guérison pour me dire ce qu'il attendait de moi : de l'aide pour assassiner le chef du village. Si je le faisais, il me laisserait partir, sinon, il me tuerait. Il avait très bien orchestré son coup : il avait caché mes affaires, j'eus beau fouiller la maison, je ne les retrouvai pas.
    J'acceptai donc son offre et je me dirigeai vers la maison du patriarche. C'était la première fois depuis ma convalescence que je sortais. Le village ressemblait beaucoup à mon village natal, à quelques différences près, bien sûr. Je trouvai sans problème la maison du chef, la plus grande du village. M'y introduire se révéla plus complexe : les deux entrées étaient gardées. Je rusai en jetant un caillou loin de moi : une ruse classique qui fonctionna pourtant à merveille. Une fois entré, je parcourus les longs couloirs de la maison. C'était un élément de civilisation, ce qui me compliqua grandement la tâche. Les gens devaient dormir, pourtant, j'entendis distinctement une voix au fond du couloir :
    « Murien m'a apporté cela. Il m'a dit qu'il les avait trouvés près de la rivière. Crois-tu qu'un inconnu rôde autour du village ?
    - C'est possible... Mais il se fait tard et j'abuse ton hospitalité. Nous règlerons cette énigme demain. Bonne nuit. »
    Un raclement de chaises se fit entendre. Un homme allait sortir dans le couloir où je me trouvai. Je me collai à une porte, écouta à travers pour remarquer un quelconque signe de vie, n'en trouva aucun, poussa la porte et entra dans une bibliothèque. Bientôt, des pas lourds retentirent dans le couloir : ils n'appartenaient qu'à une seule personne. Fort de cette certitude, j'attendais une dizaine de minutes avant de me décider à ressortir. Je repris ma route vers la pièce éclairée et je poussai délicatement la porte. Un homme de forte corpulence s'y trouvait. Il avait sa forme intermédiaire, qui le rapprochait plus d'un dragon que d'un homme. Il n'était guère étonnant à ce qu'il soit chef. Ma seule chance de le vaincre était qu'il ne me remarque pas. Ce fut aisé : je calquai mon pas sur celui de la fontaine d'intérieur. Le chef était absorbé par la lecture d'un manuscrit. À ses pieds, je remarquai mes affaires, que mon cher hôte avait eu la délicatesse d'apporter pour me manipuler. Il fallait absolument que je les récupère. Je sortis mon poignard du fourreau, appréciant le bruit du métal contre le cuir, puis le plongeait dans la gorge du Drack. Il existe des manières plus subtiles de tuer, mais à dix-sept ans, je ne les connaissais pas encore. Il tenta d'émettre un cri et de se débattre, mais je sautai en arrière pour l'éviter. J'attendis patiemment qu'il agonise, puis me précipitai pour récupérer mes affaires. Il n'en manquait aucune, fort heureusement. Je les rassemblais, vola une carte de la région puis regarda par la fenêtre. J'étais juste au dessus des gardes de la porte d'entrée. Mauvais, ça. Je refermai et regagnai la bibliothèque. Cette fois-ci, je pouvais sauter sans problème. Je laissai tomber mes affaires, puis je me fis tomber à mon tour. Le choc fut dur, mais je dus me reprendre rapidement : le temps pressait. Je m'enfuis sans même prendre la peine de dire au revoir à Murien. Je savais qu'il allait se servir de ce meurtre à son avantage et que je ne serais pas le bienvenue ici. Mais qu'importe : j'avais d'autres lieux ou aller.

    Mon objectif était simple : je voulais rejoindre les humains. Les jeux de pouvoir menés par les Dracks étaient dangereux et auraient déjà pu me faire tuer. Il me fallait de l'expérience, et je ne pouvais en acquérir qu'auprès d'êtres faibles mais intelligents. Les humains étaient tout désignés. Il faudrait que j'abandonne ma forme intermédiaire, mais cela n'avait pas de grande importance : je la tenais toujours à portée de main. La carte volée aux Dracks étaient d'une grande clarté : elle signalait tout type d'habitations, toutes races confondues. C'était exactement ce dont j'avais besoin. À quelques kilomètres de là, on trouvait la capitale d'un royaume humain. C'était là que je décidai de tenter ma chance. Cette fois-ci, je fus plus prudent : j'empruntai les chemins, comme tout le monde, et payait mes nuits à l'auberge. Mes économies fondirent rapidement, rendant plus urgent la nécessité de se trouver une source de revenu. Mais le voyage tirant à sa fin, j'arrivai à m'en sortir.

    La ville était resplendissante. Beaucoup de maisons, d'établissements publics, de temples, de manoirs, de ruelles, de marchés, de places, de lieux historiques... C'était excitant. Je l'ignorais alors, mais j'allais y passer les plus belles années de ma vie.
    Je dépensai mes dernières pièces pour une auberge un peu miteuse en bordure de ville. Le repas du soir était de la soupe aux quignons de pain. Je n'en étais pas particulièrement friand, mais je m'en contenterais. Les entrées s'effectuaient le soir, ce qui signifiait que je devais passer la journée dehors. Qu'à cela ne tienne. J'y déposai mes affaires et je commençai à chercher du travail. Ma méthode était simple : me renseigner auprès des passants. Ma démarche se révéla infructueuse jusqu'à ce que je rencontre un homme de haute taille à l'air soupçonneux. Je l'abordai avec ma phrase rituelle :
    « Excusez-moi, je cherche du travail. Pourriez-vous m'aider ? »
    Sa réponse fut différente de celles des autres :
    « Quel type de travail, je vous prie ?
    - Oh, qu'importe. Je n'ai pas beaucoup de qualifications, je suis chasseur.
    - C'est la qualification qu'il me fallait. Si vous voulez bien me suivre dans un endroit plus tranquille... »
    Il m'emmena dans ce qui était son quartier général. Cette haute demeure en pierre blanche était bien entretenue : on pourrait croire qu'elle appartenait à un riche entrepreneur. Cependant, le propriétaire trempait dans des activités beaucoup plus louches : l'assassinat. Il recrutait régulièrement des mercenaires pour renouveler ses troupes : on ne vivait guère longtemps dans le métier. Pourtant, cela n'avait rien à voir avec le crime des bas-fonds. M. Lisg maintenant au contraire une apparence de respectabilité. Au sous-sol se trouvaient les infrastructures d'entrainement et les entrepôts d'armes. Le rez-de-chaussée était consacré à l'accueil de ses mercenaires. Les étages supérieurs étaient réservés à son usage personnel. Il m'introduit dans son bureau. Il fallait d'abord passer par une pièce où une jeune femme très sérieuse assise à un bureau nous salua. J'étais persuadé qu'elle jouait en réalité le rôle de garde ; mais avec M. Lisg, les apparences comptaient plus que la réalité. C'était un art de vivre. Il me fit asseoir sur une petite chaise au coin de la salle avant de commencer l'interrogatoire.
    « Votre nom, s'il vous plaît ?
    - Uther Du Guer. Et vous ?
    - Appelez-moi M. Lisg. Votre nom est absolument exquis. Permettez que je vous pose quelques questions. Maîtrisez-vous une arme, ou plusieurs ?
    - Oui. Ma mère m'a appris à manier l'arc, et j'ai un poignard, bien que je l'utilise peu.
    - Votre... mère ? Fort bien. Avez-vous déjà tué ? Comprenez que je vous pose cette question, ce n'est pas un acte anodin. Il s'agit tout de même de voler une vie. Vous m'avez dit être chasseur, ce qui m'indique que vous avez peut-être déjà tué un animal. Mais un être humain ? »
    Je compris très vite l'inquiétude purement humaine de mon futur employeur. En tant que j'étais Drack, tuer n'était pas un problème : cela faisait partie de notre nature. Mais pour un homme, cela devait être bien plus complexe. Je répondis d'un ton évasif :
    « La semaine dernière... »
    Ce n'était même pas un humain que j'avais tué, mais un chef drack. Encore que j'avais très peu de mérite et que n'importe quel Drack aurait pu réussir. Mais passons. Ce détail était sans importance. Tuer ne me posait pas de problème, et je n'avais pas besoin de maîtriser une arme : ma forme intermédiaire était suffisante. Puisque j'avais décidé de me faire passer pour humain afin de comprendre les méandres du pouvoir, il fallait que j'agisse comme tel. Avant d'alerter M. Lisg, j'ajoutai immédiatement :
    « Oh, mais c'était un accident. Et il l'avait bien mérité.
    -Je vois. Vous semblez posséder un caractère explosif. Puisque cela ne vous émeut guère, sans doute y a-t-il moyen de vous faire confiance. Permettez que je vous offre une mission d'essai : si vous la réussissez, je vous offre une place dans mon agence. Qu'en dîtes-vous ?
    -Ça marche ! » répondis-je d'un ton enthousiaste.
    M. Lisg haussa un sourcil. Il est vrai que voir un jeune homme aussi détaché avec la mort avait quelque chose de perturbant, mais il devait justement l'attribuer à une absence de connaissance de ma part. Il me tendit alors un parchemin où étaient inscrites toutes les indications. Puis je pris congé.

    Je l'ouvris dans l'entrée du quartier général. À trois rues de là, un gredin imposait sa loi aux passants, et cela gênait beaucoup les affaires de M. Lisg. Je devais donc m'en débarrasser le plus discrètement possible. Pour preuve de ma réussite, je devais lui rapporter le pendentif jaune qu'il portait toujours sur lui. Le message s'arrêtait là. Je devais le détruire avant de partir en mission. Je le jetai alors dans la cheminée avant de m'éloigner.
    J'avais cru qu'il me serait difficile de m'orienter dans une ville inconnue et de trouver la rue en question. En réalité, ce fut très simple : un individu à l'air louche surveillait l'entrée d'une d'entre elles. Il correspondait parfaitement à la description que m'avait M. Lisg : petit, les cheveux sombres, un peu gros, avec une tunique rouge sang. Il était impressionnant pour un humain, mais une proie facile pour un Drack. Je repérai immédiatement le pendentif à son cou : c'était un petit soleil tordu. J'avais l'intention de le tirer à l'écart : d'une part, j'avais pour instruction de le tuer discrètement, d'autre part, il me paraissait nécessaire de me transformer à l'abri des regards. Ce ne fut guère complexe : je passai à côté de lui dans la plus totale indifférence, il m'attrapa le bras en me demandant de payer, je me dégageai d'un ton vif et commençait à courir vers la ruelle que j'avais repérée. Je m'y engouffrai et passai à la forme intermédiaire. Mon poursuivant arriva bientôt. Il était persuadé de me tenir, puisque j'étais dans une impasse. Il eut à peine le temps de m'apercevoir, à peine le temps de comprendre à qui il avait affaire. Avant qu'il ait pu crier, je lui sautai dessus et lui enfonçai mes griffes dans le thorax. Sa respiration se coupa brusquement sous l'effet de la douleur, puis il s'effondra d'un coup. J'attendis patiemment qu'il meure avant de lui arracher le pendentif, de le fourrer dans ma poche, de m'essuyer les mains et de reprendre forme humaine. Je vérifiai ses blessures : on aurait que l'homme venait de se prendre plusieurs coups de poignards en pleine poitrine. Excellent. Je repartis bien vite.

    Ma première mission fut un succès : je fus embauché par M. Lisg. Il m'en donnait régulièrement de nouvelles, ce qui me permettait de rester actif. Ma méthode opératoire était toujours la même et fonctionnait à merveille. Je détroussais également mes victimes. J'attendais de pouvoir m'acheter un logement convenable avant de passer à la phase supérieure. Ce fut fait en plus d'un an : je fis l'acquisition d'une petite bâtisse délabrée à l'abri des regards. Elle était parfaite pour mes activités. À l'intérieur, je pouvais reprendre ma forme intermédiaire sans craindre d'être dérangé. Le plaisir d'être propriétaire me rendait joyeux : je pouvais continuer dans cette lancée. Il était temps de passer à la deuxième partie du programme : la manipulation. Je commençais donc à rechercher des victimes potentielles : je les observais longuement, je les abordais dans les moments où ils me paraissaient les plus faibles, je leur disais ce qu'ils voulaient entendre et je pouvais obtenir ce que je voulais d'eux.

    Après quelques années à suivre ce rythme, j'avais pu m'acheter une nouvelle maison, plus grande et plus belle. Mes affaires se portaient bien, mais les choses se corsèrent. Une lettre m'attendait un soir chez moi. Coincée dans la porte, elle avait d'inquiétant son aspect inattendu. Bien entendu, son contenu n'était pas fait pour me rassurer. Apparemment, des gens en ville savaient que j'étais un Drack. Ils étaient également au courant des combines que j'organisais avec M. Lisg, mais rien n'était précisé quant à mes tentatives de manipulation. Des menaces m'étaient faites, et on me demandait de les prendre aux sérieux. C'était la première fois que j'avais une preuve de l'existence de ces détracteurs dont je parle au début. Ils voulaient que je quitte la ville, que je laisse les gentils humains tranquilles et que j'arrête mes activités. Un véritable tissu de niaiserie. Je déchirai la feuille sans y prendre garde. Depuis ce jour-là, je reçus régulièrement des lettres de menaces, mais aucune ne fut jamais suivie de véritables actions.

    Vint le jour où je fus convoqué solennellement par M. Lisg. J'avais d'abord confondu la lettre avec une de celles de mes détracteurs, mais elle était bien trop belle pour venir d'eux. Je dus me rendre tôt le matin dans son bureau. Au passage, je saluai rapidement la garde, qui me fis signe en retour. M. Lisg était confortablement assis, et m'accueillit très cordialement :
    « M. Du Guer. Ravi de vous revoir. Prenez place, pour que je vous explique la situation. »
    Je m'exécutai et remarquai alors pour la première fois la jeune femme assise à l'autre bout de la pièce. La tête baissée, ses longs cheveux blonds ne cachaient pas son visage et ses yeux verts. Elle était de bonne taille, et avait l'air en pleine forme. Pourtant, elle était considérablement gênée. M. Lisg n'y prêtait guère attention. Il se contenta de nous présenter :
    « M. Du Guer, voici Lûn Asiain. Mlle Asiain, Uther Du Guer. »
    La jeune femme se redressa et sursauta quand elle me vit. À son air, M. Lisg avait certainement lui dire quelque chose à mon sujet, mais elle ne s'attendait pas à ce que cette chose me corresponde. C'était très encourageant. M. Lisg se tourna vers moi et m'expliqua la situation :
    « Mlle Asiain est une de nos nouvelles recrues mais elle a un petit... défaut. Elle a du mal à passer à l'acte. Elle l'a fait, bien sûr, mais cela l'embarrasse. Étant donné que vous êtes l'un de nos meilleurs éléments, j'ai pensé qu'il serait bon que vous la preniez en charge et que vous l'aidiez à surmonter sa gêne.
    - Prendre en charge ? Vous voulez dire que vous me l'imposez ?
    - En quelque sorte. Ça lui sera très bénéfique, et vous êtes l'un des rares à pouvoir s'occuper d'elle sans que ça nuise à vos propres activités. »
    M. Lisg n'attendait pas de ma part. Il n'accepterait aucune excuse de ma part : il avait décidé que Lûn m'accompagnerait et je devais m'y plier. La jeune femme paraissait de plus en plus mal à l'aise. Je voyais clairement qu'elle ne désirait pas me déranger ; elle devait sans doute craindre ma réaction. Je soupirai, manifestant par là mon accord contre ma volonté. Puis je fis signe à Lûn de me suivre. J'avais désormais une partenaire avec qui travailler. Pour un Drack cachant sa véritable nature, cela était particulièrement éprouvant.

    Lûn. Ce simple nom m'évoque d'agréables souvenirs. Jamais ma vie ne fut plus belle que lorsque je pouvais profiter d'elle. Elle était la touche de douceur dans une vie impitoyable, un contrepoids essentiel à mon équilibre, mais trop lourd pour que je puisse vraiment le trouver. Il n'y a pas de mot pour décrire ce que je ressens encore pour elle. Ce n'est que lorsque je la perdis que je compris pourquoi j'avais réussi à la supporter pendant tant d'années.

    Pourtant, les débuts furent difficiles. Lûn était craintive. M. Lisg lui avait expliqué qui j'étais et ce que je représentais pour son agence. Il avait simplement omis de préciser ma véritable race, puisqu'il l'ignorait. Il m'avait présenté comme une personne efficace et compétente, mais peut-être aussi un peu plus froid que les humains habituels. Je m'acquittais de mes missions sans en paraître bouleversé, ce qui devait sembler suspect. C'est pourquoi Lûn restait toujours à une distance respectueuse de moi et persistait à m'appeler ''M. De Guer'', selon l'exemple de notre patron, alors que j'utilisais déjà son prénom. Et s'il était possible que notre relation soit pire, Lûn était incapable de se battre ou de tuer correctement quand j'étais à proximité tant elle avait peur de faire n'importe quoi. C'était désespérant, nous n'arriverions jamais à rien si elle me craignait toujours. Il fallait donc que je gagne sa confiance.
    Je décidai donc un jour d'emmener Lûn avec moi pour une de mes propres missions. Je m'étais entrainé les jours précédents à tuer à la dague, afin que je n'ai pas à utiliser ma forme intermédiaire. Elle parut moins anxieuse que les fois où elle devait elle-même tuer. Notre cible était un riche propriétaire à l'autre bout de la ville. Son fils avait demandé à M. Lisg d'intervenir pour qu'il puisse prendre sa place, et M. Lisg n'était pas du genre à refuser un service comme celui-ci. Nous nous en prenions rarement à des personnes aussi riches, d'où l'originalité de notre mission. Le fils nous avait offert un moyen d'entrer sans problème en libérant une entrée de service. Lûn n'aurait aucun mal à me suivre. Nous entrâmes par la porte indiquée. Je demandai à Lûn de calquer ses pas sur les miens. Nous parcourûmes la demeure dans un lourd silence. Je sentais la tension de Lûn, et j'essayai alors de la rassurer en lui chuchotant des encouragements ; elle parut apprécier. Notre future victime était installée à son bureau. L'homme étudiait une carte de la région, sans doute pour organiser un futur commerce. Je fis signe à Lûn de rester en dehors de la pièce, puis je me glissai à l'intérieur sans un bruit. L'entrepreneur me remarqua et commença à crier, mais je l'interrompis par un coup de dague en pleine gorge, après quoi je l'achevai par un coup dans le cœur. Je fis signe à la jeune femme d'entrer ; elle marqua une pause devant le cadavre, comme à son habitude. Je commençai à effectuer un inventaire rapide des richesses de la pièce et j'en volai certaines :
    « Pourquoi faites-vous cela ? me demanda Lûn, interloquée.
    - Pour arrondir les fins de moi. Tu peux en prendre aussi, si tu veux. Ça rapporte bien.
    - Non merci. répondit-elle en frissonnant.
    - Le prochain sera pour toi, je te le promets. »
    Et bien évidemment, je tins parole.

    À mesure que Lûn progressait, je commençais à m'attacher à elle. Elle n'était pourtant qu'une humaine faible avec un ridicule dégoût de la mort alors qu'elle se destinait à tuer. Mais elle était pauvre, elle n'avait pas eu d'autres choix : c'était ça ou vendre son corps. Je pris du temps pour la mettre à confiance et lui apprendre à me considérer comme un ami. Cela vint, et elle se comportait de mieux en mieux sur le terrain. Satisfait, M. Lisg me demanda si je voulais retrouver mon indépendance, et bêtement, je répondis que non. Étais-je fou de dire cela ? Mais je n'avais pas envie de me séparer d'elle.
    Le jour, nous effectuions avec brio les missions qui nous étaient confiées. La nuit, elle me rejoignait chez moi et nous nous consacrions entièrement à nous. Incroyable période que cela était ! Elle me comblait jour et nuit, et j'étais incapable de m'éloigner. Je ne me reconnaissais même plus. Souvent, la nuit, sous le coup de l'émotion, je lui promettais de toujours la protéger, mais dès que je reprenais mes esprits, je me rendais compte de la futilité de mes promesses. Ma nature de Drack reprenait le dessus et elle ne m'apparaissait plus que comme une proie facile dont il fallait user tout le potentiel. Je la connaissais trop bien. Dès lors qu'elle se mettait à me sortir mes quatre vérités, il suffisait que je l'embrasse pour qu'elle perde toute véhémence. Elle était gentille, d'ailleurs, et s'effaçait très facilement.
    Je ne lui avais toujours pas révélé qui j'étais, et je n'avais pas l'intention de le faire pour l'instant. Quand elle se blottissait contre moi, j'éprouvais toujours un soupçon d'humanité qui m'empêchait de lui faire du mal. Si je lui montrais la forme intermédiaire, elle prendrait peur et elle ne voudrait plus jamais de moi. Cette crainte-là avait gagné mon cœur avec autant d'aisance que j'en avais à manipuler les gens. Non, j'étais bien incapable de meurtrir Lûn. Je voulais simplement qu'elle reste avec moi.
    Et puis ce besoin s'essouffla progressivement. Il m'arrivait de garder ma forme humaine pendant des semaines entières, des semaines pendant lesquelles je me comportais en humain. Je cachai soigneusement les lettres de menaces pour que Lûn ne se doute jamais de rien, mais je commençais à suffoquer. Ma liberté me manquait, et plus encore ma forme intermédiaire. Depuis des années, je ne m'étais même plus transformé en dragon ! Cela valait-il le coup de se sacrifier autant pour elle ? Je voulais la garder, mais elle me faisait trop souffrir. Je devais me cacher et me montrer malhonnête ; en soi, ça n'a rien de gênant, mais cacher sa véritable nature était pesant.

    J'avais l'intention que cette nuit-là soit mémorable. Lorsque je la réveillai, approximativement aux mêmes horaires que m'imposait ma mère, Lûn semblait perdue. Elle ne comprenait pas pourquoi j'étais dans un tel état : nerveux, en sueur, je ne tenais pas en place et je voulais absolument qu'elle me suive. Elle n'était pas du genre à me refuser quelque chose et elle obéit. Nous sortîmes dans la nuit claire. Il faisait frais, Lûn tremblait, mais j'étais presque brûlant. Elle s'accrochait à moi comme si elle était à la dérive. Nous nous éloignâmes de la ville, et je lui demandai de me faire confiance, alors que je savais pertinemment que j'allais la trahir. Bientôt, nous atteignîmes la forêt. Plus que le froid, c'était désormais la peur qui faisait trembler Lûn, mais je lui répétais sans cesse :
    « C'est une surprise, ma bien-aimée. Une surprise mémorable, tu verras. Je garderai toujours ce moment en mémoire. Tu adoreras, j'en suis certain. »
    Nous nous dirigeâmes vers une clairière. Je l'installai sur une souche et je lui dis d'attendre là quelques minutes. Je m'éloignai doucement. Elle chercha d'abord à me rejoindre, mais voyant que je m'enfonçai trop profondément dans la forêt, elle préféra revenir sur ses pas. Je l'observai de loin, ma chère Lûn. L'inquiétude lui donnait un air innocent qui me réjouissait parfaitement. Elle avait beau savoir tuer, elle n'aimait guère l'idée de s'enfoncer dans la forêt en pleine nuit. Elle n'était pas chasseuse, loin de là, et avait dû grandir en ville. Elle connaissait très peu la nature, ce qui m'arrangeait bien. Je repris ma forme intermédiaire, goûtant avec plaisir à ce reflux de puissance tant chérie. Je me rapprochais de nouveau de la jeune femme, sans prendre garde au rythme de la nature. Le craquement des brindilles la rendit très anxieuse. Elle demanda d'une voix timide :
    « Qui est là ? C'est toi, Uther ? »
    Tant qu'elle pouvait se rattacher à l'idée que j'étais à l'origine du bruit, elle parvenait à garder son calme. Mais si elle voyait surgir un Drack, elle céderait sans aucun doute à la panique. Je lui répondis d'un ton plus rauque que d'habitude :
    « Je suis là...
    - Uther ! appela-t-elle d'un ton désespéré. Où es-tu ?!
    - Je suis Uther. Uther Du Guer. »
    J'offris alors à ses yeux le spectacle de ma forme intermédiaire. Je n'avais jamais entendu de cri aussi aigu que celui qu'elle poussa quand elle m'aperçut. Elle se leva d'un bond et entreprit de reculer, puis elle remarqua que je me contentais de l'observer calmement. Elle s'arrêta alors et se tut. Je m'avançai tout doucement pour ne pas la brusquer.
    «Voilà des années que je me terre sous une misérable forme humaine, que je te cache qui je suis vraiment. Tu croyais que j'étais un prince charmant ? Un homme riche qui allait te sortir de la misère ? J'aurais bien aimé être cet homme-là, je le reconnais. Mais ce n'est pas le cas. Je suis un Drack assoiffé de pouvoir. Je suis un dragon. Violent, cruel, mesquin... Tout ce que tu veux, mais je ne suis pas un protecteur pour une humaine faible et peu sûre d'elle.
    - Tu m'as menti ! cria-t-elle. Tu as trahi ma confiance !
    - Oh, Lûn ! J'aimerais tant que tu me comprennes ! Je ne veux pas te perdre, mais tu me fais trop souffrir ! Tu me forces à me cacher pour que tu restes ! Je sais que je suis un monstre pour toi, je le lis dans tes yeux. Comprends-tu alors que j'ai toujours refusé de te dire ce que j'étais ? Si seulement tu me croyais ! »
    Je n'avais jamais été aussi sincère. Elle ne se rendait sans doute pas compte que je l'étais, et combien je tenais à elle. Quelque chose s'était brisé en elle, et je sentis que je l'avais perdue. Elle se détourna et commença à partir. Je perdis alors complètement la tête. Elle me rendait fou. Je ne me contrôlais plus. Instinctivement, je pris ma forme de dragon. Elle se retourna pour me regarder. C'est à cette occasion que je la tuai et la dévorai.

    Vous ne pouvez sans doute pas comprendre cela, mais j'aimais Lûn plus que tout au monde. C'en était même douloureux. Pour être digne de son amour à elle, je devais être humain, et non plus un monstre... mais au fond de moi, j'étais toujours ce Drack chasseur. La dévorer n'est pas un bel acte. Je vous avais prévenu : j'ai vraiment mal tourné, j'ai tué celle que j'aimais, et ce n'était même pas pour la posséder ou pour me venger, mais simplement pour l'aimer. J'aimais tout d'elle, aussi bien ce qu'elle était que ce qu'elle n'était, sa présence comme son absence, ses qualités comme ses défauts. J'aimais même le fait de la tuer, et le goût de sa chair crue entre mes crocs. C'était un amour complet, total. Je n'en regrette que deux choses : l'avoir tuée, parce que je ne pourrais plus jamais revivre cet instant où je l'aimai plus que tout, et de ne jamais lui avoir dit explicitement que je l'aime. Je voudrais être fou pour pouvoir apercevoir son fantôme. Mais je l'avais définitivement perdue. Adieu, ma chère Lûn. Ne plus t'avoir à mes côtés me rappelle seulement à quel point nous pouvions être heureux toi et moi.

    Le lendemain, il me fallut annoncer à M. Lisg la mort de Lûn :
    « Et comment est-ce arrivé ?
    - Elle est sortie, cette nuit, et elle est partie.
    - Sortie ? Vous vivez avec elle ?
    - Nous vivions ensemble, vous le saviez déjà. Elle est partie en forêt, et c'est là que j'ai retrouvé son cadavre. »
    Il accueillit la nouvelle avec stoïcisme. Puis il me laissa partir sans un mot de plus.

    Les années qui suivirent, je retrouvai mon ancienne routine et ma forme intermédiaire. Lûn ne me manquait pas tellement, mais je ne me sentais pas heureux pour autant. Il y a deux, je décidai que j'en avais assez fait chez les humains. J'avais de nouveau déménagé, j'étais à la tête d'une petite fortune, mais je m'ennuyais ferme. Je quittai bientôt M. Lisg et les humains pour repartir sur les routes à la recherche de mes parents. J'ignorais s'ils étaient encore en vie, mais je comptais bien le découvrir.
    Ma quête ne fut pas fructueuse. Je retrouvai mon village natal sans en apprendre plus. Il semblait qu'ils s'étaient enfuis à l'autre bout du monde. Je rendis visite aux cendres familiales. La végétation avait repris ses droits sur les fondations. Le temps passait inexorablement. Je cueillis une rose que je posai sur une dalle survivante. Une fleur telle qu'avait été Lûn. Puis je repartis de nouveau. Je m'installai dans un autre village plus important que le mien où les tensions étaient fortes. J'eus l'occasion de mettre à profit mes talents : tuer, manipuler, tromper... Je pris bientôt la place du chef et j'exerçai mon pouvoir de manière cruelle. Mon premier objectif fut d'asseoir mon pouvoir : j'éliminai sans remord les opposants et les personnes potentiellement dangereuses, je menaçai les familles, je m'alliai à des personnes influentes... Lorsque ce fut prêt, je pus enfin diriger à ma guise. Jusqu'à cette rencontre qui changea la donne.

    Le Drack en question était bien plus illustre que tous ceux que j'avais vus. Il faut dire aussi qu'il dépassait largement toutes les personnes que je connaissais. Il adoptait lui aussi sa forme intermédiaire, ce qui le rendait presque effrayant. Tout le haut de sa tête était recouvert d'écailles noires jusque sous les yeux blancs. Dans le dos, il possédait également des piques acérées. Sur le côté extérieur des jambes, on retrouvait également des écailles. Armé comme un guerrier, il avait l'allure d'un Drack puissant et dangereux. Il arriva au village un jour de printemps et demanda à me rencontrer. Les présentations furent brèves. Il en vint tout de suite aux faits. Il recherchait un Drack pour le suivre dans une cité nouvellement construite : Célestianne. Il y avait été appelé et devait trouver quelqu'un pour l'accompagner. Je me proposai pour le voyage, voyant de celui-ci l'occasion de devenir plus puissant, et peut-être même de revoir mes parents. Il testa mes capacités sous les trois formes avant d'accepter.

    Me voici désormais face à la cité nouvelle. Nesrel, mon mentor, s'y est déjà rendu, mais moi, je reste là à la contempler. Suis-je digne de cet honneur ? Il faut que j'entre... et que je prenne en main mon destin.


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Enelya Ceïleb
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 0:16

Je me permets de venir ici, pour te dire ceci : ta présentation est juste géniale ! Shocked
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Uther Du Guer
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 10:42

Merci. Embarassed
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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 11:07

Je suis de l'avis d'Enelyë... Je n'ai jamais vu une présentation aussi bien faite... L’histoire est cohérente. Longue, certes mais agréable à lire...
Par contre, on remarque quelques erreurs d’inattention comme:
"J'aimais tout d'elle, aussi bien ce qu'elle était que ce qu'elle n'était "
Il manque un pas... Mais ça, ce n'est qu'un détail. Ton personnage est vraiment bien. Tu es validée Very Happy
Mais juste... qu'entend tu quand tu dit que mon forum est un peu complexe?

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Uther Du Guer
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 11:15

Merci. =D
Je ne sais pas pourquoi, mais les histoires de mes personnages m'inspirent. ^^ Mais bon, c'est vrai que je fais beaucoup d'erreurs d'inattention. Embarassed
C'est pour le contexte. En fait, je n'ai pas très bien compris si on jouait un gardien ou pas.

Oh, et joyeuses Pâques. (=
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Arianne Delvanté
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 11:19

Merci beaucoup... En ce qui concerne les gardiens, il me fallait un nom pour désigner toute les races... Donc oui, en étant un Dracks, tu est un gardien...

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Uther Du Guer
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Dim 24 Avr - 12:17

Merci pour ta réponse ! Ça me rassure grandement. (=
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Xaïl
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Mer 27 Avr - 11:25

Bienvenue à toi chasseur Drack

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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Mer 27 Avr - 19:31

Merci, chef !
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Xaïl
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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   Ven 29 Avr - 13:37

Laughing
Chef, ce n'est que dans la partie RP^^ (mais j'apprécie quand même )

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MessageSujet: Re: Uther Du Guer ;   

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Uther Du Guer ;
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